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Améliorer notre approche auprès des personnes âgées

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Améliorer notre approche auprès des personnes âgées confrontées à des problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu : Guide à l’intention des superviseurs, des gestionnaires et du personnel clinique (extraits)

 

La publication Améliorer notre approche auprès des personnes âgées contient les renseignements, les outils et les conseils dont les fournisseurs de services ont besoin pour une intervention plus efficace auprès des personnes âgées pouvant avoir des problèmes de santé mentale, de toxicomanie ou de jeu.

Souvent, chez les personnes âgées, ces problèmes ne sont pas traités. Ce guide détaillé aidera le lecteur à reconnaître les problèmes, à aborder avec délicatesse et dynamisme les personnes âgées qui y sont confrontées et à mettre celles‑ci en rapport avec les services qui peuvent leur fournir des soins spécialisés.

 

Ce document-ci comprend des extraits du publication. Commandez la version complète du document (en anglais uniquement)

 

Dans Améliorer notre approche auprès des personnes âgées :

 

Projet de CAMH sur le vieillissement en santé

Préface 

Avant-propos 

Introduction 

  • Définir un problème
  • Qu'est-ce qu'un problème de toxicomanie ?
  • Qu'est-ce qu'un problème de santé mentale ?
  • Qu'est-ce que le jeu problématique ?
  • Qu'est-ce que les troubles concomitants ?
  • Le continuum de la sévérité
  • Reconnaître les problèmes
  • Le vieillissement peut accroître la vulnérabilité aux problèmes
  • Âgisme et autres formes de préjugés
  • Diversité
  • Les problèmes sont complexes

 

Le Projet de CAMH sur le vieillissement en santé

 

Auteurs collaborateurs

  • Kathy Baker, B.A. (psych.) B.Sc.Inf., IA, conseillère en ressources psychogériatriques, Providence Care Mental Health Services, comtés de Hastings et de Prince Edward
    Soins holistiques
  • Jennifer Barr, B.A., chef de projet, conseillère en programmes, région de l’Est de l’Ontario, Services provinciaux, Politiques, éducation et promotion de la santé, CAMH
    Diversité, dépression
  • Daniel M. Blumberger, M.D., psychiatrie gériatrique et stimulation cérébrale, boursier, Programme de santé mentale gériatrique, CAMH
    Trouble bipolaire
  • Bill Brown, IA, B.Ed., Ph.D., infirmier de chevet, services psychiatriques aux adultes, Providence Care Mental Health Services, Kingston
    Soutiens psychosociaux
  • Virginia Carver, Ph.D., conseillère
    Médicaments
  • Peter Chen, CSP, CCJC, B.Ed., spécialiste en santé communautaire et en éducation, Service du jeu problématique, CAMH
    Jeu problématique
  • Michelle Donald, B.Sc., ergothérapeute (inscrite en Ont.) spécialisée en perfectionnement professionnel, Preferred Health Care Services, Markham
    Santé mentale, services thérapeutiques, dépistage
  • Margaret C. Flower, IA, TTSI, coordonnatrice de programme, Older Persons’ Mental Health and Addictions Network of Ontario (OPMHAN)
    Bâtir une relation, les étapes du changement
  • Gabriella Golea, IA, M.Sc.Inf., CSPSM(C), directrice administrative, Programme de santé mentale gériatrique, CAMH
    Santé mentale, soutien aux familles, troubles de la personnalité
  • Pamela Hamilton, B.A. (spéc. en psych.), conseillère en ressources psychogériatriques, Providence Care Mental Health Services, Programme de psychiatrie gériatrique, Kingston
    Soins holistiques
  • Marnin J. Heisel, Ph.D., C.Psych., professeur adjoint, département de psychiatrie et département d’épidémiologie et de biostatistique, Schulich School of Medicine and Dentistry, Université Western Ontario ; travailleur scientifique, Lawson Health Research Institute, London Health Sciences Centre
    Suicide
  • Marilyn Herie, Ph.D., TSI, directrice de projet, TEACH, CAMH ; professeure auxiliaire, Faculté de sciences sociales, Université de Toronto
    Traitement de la toxicomanie
  • J. Kenneth Le Clair, M.D., FRCPC, professeur, département de psychiatrie, Université Queen’s ; directeur clinique, Programme de psychiatrie gériatrique, Providence Care Mental Health Services ; conseiller clinique, P.I.E.C.E.S.
    Soins holistiques
  • Betty MacGregor, M.Serv.Soc., gestionnaire, Lifestyle Enrichment for Senior Adults (LESA) et Community Diabetes Education Programs, Centre de santé communautaire Centretown
    Traitement de la toxicomanie, reconnaissance des problèmes
  • Benoit H. Mulsant, M.D., M.Sc., FRCPC, médecin-chef, directeur, Soins cliniques, Programme de santé mentale gériatrique, CAMH ; professeur et vice-président, département de psychiatrie, Université de Toronto
    Anxiété
  • Tarek Rajji, M.D., boursier, Programme de santé mentale gériatrique, CAMH ; département de psychiatrie, Université de Toronto
    Schizophrénie
  • Bonnie Purcell, M.Sc., doctorante, Université Queen’s
    Évaluation de la consommation d’alcool
  • Michelle Ranville, B.Serv.Soc., présidente-directrice générale intérimaire, Age and Opportunity Inc., Winnipeg
    Accumulation
  • Patricia Russell, M.A.(Ed.), B.Ed., spécialiste en éducation permanente, Centre d’accès aux soins communautaires du Sud-Est
    Délire, rétablissement
  • Lori Schindel Martin, IA, Ph.D., professeure agrégée, Faculté de sciences infirmières, Université Ryerson
    Démences, comportements réactionnels
  • Charmaine Spencer, LL.M., associée de recherche, Gerontology Research Centre, et professeure auxiliaire, département de recherche en gérontologie, Université Simon Fraser
    Dépendance, défense des intérêts, âgisme, réduction des méfaits, alcool, drogues illicites, abus, tabac, personnel de soutien, intoxication, hébergement, isolement, négligence de soi
  • Debora Steele, IA, B.Sc.Inf., CSPSM(C), CSIG(C), conseillère en ressources psychogériatriques, Lanark, Leeds et Grenville ; Providence Care Mental Health Services
    Services de santé mentale, soins holistiques
  • Marilyn White-Campbell, B.A., diplôme en gérontologie, gestionnaire, équipe chargée des services d’approche en santé mentale gériatrique, foyers de soins de longue durée (Toronto) ; spécialiste en toxicomanie des personnes âgées, programmes communautaires d’intervention en toxicomanie
    Troubles concomitants
  • Maria N. Wasylkewycz, B.Serv.Soc., TS, TSI, travailleuse sociale, Age and Opportunity Inc., Winnipeg
    Accumulation

 

Examinateurs

  • Peter Babishuk, B.Sc., B.Sc.(phm.), PI, PGA, pharmacien membre du personnel, CAMH
  • Evelyn Bakich, IA, conseillère agréée en matière de jeu compulsif, Programme d’aide aux joueurs compulsifs, Sister Margaret Smith Centre, Thunder Bay
  • Christine Bois, M.Sc.A., coordonnatrice du Programme prioritaire de traitement des troubles concomitants, CAMH
  • Eloise Caverson, IA, B.A., IA, Fairview Manor, Almonte
  • Debbie Christie, M.Serv.Soc, TSI, gestionnaire, Service de santé publique de Hamilton
  • Division de la santé familiale, Alcohol, Drug and Gambling Services (ADGS)
  • Betty Clost, coordonnatrice de programme, VON Community Care, Quinte Ouest
  • Sandra Coleman, B.A.A., LL.B., directrice générale, Centre d’accès aux soins communautaires du Sud-Ouest, London
  • Robert Eves, B.A., M.Serv.Soc., directeur général, Community Outreach Programs in Addictions, Toronto
  • Randi Fine, M.Serv.Soc., directeur général, Older Persons’ Mental Health and Addictions Network (OPMHAN) of Ontario
  • Eva Janecek, B.Sc.(phm.), Services pharmaceutiques, CAMH
  • Deana Johnson, M.Sc. (activité physique), conseillère pour la région de l’Ouest, Réseau ontarien pour la prévention des mauvais traitements envers les personnes âgées
  • Kathleen Kennedy, IA, B.A., M.A. (gestion publique), professeure, sciences infirmières, et coordonnatrice de programme, Programme de formation des préposés aux services de soutien à la personne, Faculté des sciences de la santé, Collège Saint-Laurent, campus de Kingston
  • Renée Larocque, TTS, représentante du service à la clientèle, Meals on Wheels, Sudbury
  • Angelique Lemay, M.Serv.Soc., TSI, CCJP, Problem Gambling Outreach Services for Older Adults, chef du projet sur le jeu problématique, clinique de traitement de la toxicomanie, Hôpital de Sault-Sainte-Marie
  • Stephanie MacKenzie, étudiante, programme de maîtrise en service social, Université de Toronto
  • Biljana Marinkovic, B.Sc.(phm.), PI, pharmacienne membre du personnel, CAMH
  • Ann McLeod, IA, B.Sc.Inf., infirmière hygiéniste, comté de Peterborough, Bureau de santé de Peterborough
  • Rishma Nazareli-Velji, IA, B.Sc.Inf., M.Sc.Inf., chef de projet, Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario
  • Patti Potter, coordonnatrice principale, VON Community Care, Quinte Ouest
  • Carmen Rodrigue, IA, B.Sc.Inf., M.Sc., CSPSM(C)/IA, conseillère en ressources psychogériatriques, Services communautaires de géronto-psychiatrie d'Ottawa
  • David Patrick Ryan, Ph.D., C.Psych., directeur de l’éducation et des processus liés aux connaissances, Programme gériatrique régional de Toronto, professeur adjoint, Faculté de médecine, Université de Toronto
  • Kim Sheppard, IA, CSIG(C), chef des soins de longue durée, conseillère en ressources psychogériatriques, comté de Renfrew, Société Alzheimer d'Ottawa et du comté de Renfrew
  • David Simpson, M.Serv.Soc., chef de la programmation, Bureau de l’intervention en faveur des patients des établissements psychiatriques, Toronto
  • Louise Walker, B.A., B.Sc. (avec spécialisation), gestionnaire, projets antitabac, CAMH
  • Debra Walko, TSI, directrice de programme, College View Supportive Housing Services
  • Seniors’ Services, Simon Apartments, LOFT Community Services
  • Wende Wood, B.A., B.Sc.(phm.), BCPP, pharmacienne chargée de l'information sur les médicaments et de l'évaluation de l'usage de drogues, Services pharmaceutiques, CAMH

 

Équipe du Projet de CAMH

  • Jennifer Barr, B.A., chef de projet, conseillère en programmes, région de l’Est de l’Ontario, CAMH
  • Peter Chen, CSP, CCJC, B.Ed., spécialiste en santé communautaire et en éducation, Service du jeu problématique, CAMH
  • Danièle Daigle, B.A. (anthropologie), B.Ed., spécialiste en éducation et en formation, Services d’éducation, CAMH
  • Margaret Flower, IA, TTSI, coordonnatrice de programme, Older Persons’ Mental Health and Addictions Network (OPMHAN) Ontario
  • Gabriella Golea, IA, M.Sc.Inf., CSPSM(C), directrice administrative, Programme de santé mentale gériatrique, CAMH
  • Michelle Maynes, B.A., diplôme en édition et conception de livres, conceptrice de publications, CAMH
  • Janet McAllister B.Sc. (activité physique), conseillère en programmes, région de l’Ouest de l’Ontario, London, CAMH
  • Leona Murphy, conseillère en programmes, région du Nord de l’Ontario, CAMH
  • Lise Nolet, B.Serv.Soc., M.A., conseillère en programmes, région du Nord de l’Ontario, CAMH
  • Charmaine Spencer, LL.M., associée de recherche, Centre de recherche en gérontologie ; professeure auxiliaire, Département de recherche gérontologique, Université Simon Fraser
  • Cindy Smythe, M.Ed., associée de recherche, Service de la recherche sociale, préventive et en politiques de santé, CAMH

 

Avec tous nos remerciements à ces personnes :

Blanche Beneteau, Monica Bretzlaff, Stephanie Faroldi, Andre Fontaine, Marcia Gibson, Susan Harrison, Mary Jane Hurlihee, Andrew Johnson, Drupati Maharaj, Christopher Uranis, Trevor Wereley et les examinateurs de London et de Kapuskasing.

 

Préface

Contexte

 

Conscients que les problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu chez les personnes âgées sont des troubles qui souvent passent inaperçus et, de ce fait, ne sont pas traités, c’est en collaboration avec divers partenaires communautaires que des employés du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) ont mis sur pied, en 2002, le Projet de CAMH sur le vieillissement en santé. Des superviseurs cliniques, des coordonnateurs de soins à domicile, des bénévoles communautaires, des préposés aux services de soutien à la personne et d’autres intervenants prodiguant soins et assistance aux personnes âgées en Ontario, sont autant d’intervenants qui ont été invités dans le cadre de ce projet à participer à une évaluation des besoins et à des groupes de discussion sur cette problématique (Barr et coll., 2004 ; Greene et coll., 2003). Selon la rétroaction adressée au personnel, les problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu touchaient les personnes âgées auprès desquelles il travaillait. Certains participants ont affirmé devoir intervenir dans des rôles qui débordaient leur mandat ; beaucoup ont fait remarquer un besoin urgent de développer les connaissances, la formation et le soutien dont ils devaient s’armer pour pouvoir aborder ces problèmes.

Ce sentiment d’urgence a amené les responsables du Projet de CAMH sur le vieillissement en santé à tout mettre en œuvre pour assurer les ressources et la formation requises. Notre première publication, Quelle approche adopter envers les personnes âgées confrontées à des problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu, a été conçue pour susciter une meilleure prise de conscience et relever le niveau de compétence du personnel et des bénévoles de première ligne travaillant auprès des personnes âgées susceptibles d’éprouver de tels problèmes. Ce livret utile, d’une concision qui en facile la lecture, a été diffusé à vaste échelle dans la province et nous vous invitons à le mettre à la disposition de votre personnel et de vos bénévoles.

Cette deuxième publication, Améliorer notre approche..., a été réalisée en complément de Quelle approche adopter envers les personnes âgées ; elle aide les superviseurs et les gestionnaires à proposer un soutien que le personnel et les bénévoles non réglementés ne peuvent offrir.

 

À qui ce guide s’adresse-t‑il ?

Ce guide a été rédigé pour le personnel professionnel, clinique et administratif d’organismes et d’établissements au service des personnes âgées, notamment celui des services à domicile et communautaires, des foyers de retraite et de soins de longue durée et des logements avec services de soutien. Il intéressera particulièrement le personnel infirmier, les travailleurs sociaux, les ergothérapeutes, les physiothérapeutes et le personnel de gestion, mais il sera également utile aux éducateurs et aux fournisseurs de services de toxicomanie et de santé mentale.

Le vaste public auquel s’adresse cette publication possède différents degrés de connaissance de ces questions. Quels que soient son niveau de connaissance et d’expérience de la santé mentale, de la toxicomanie ou de la gérontologie, le lecteur y trouvera probablement de nouveaux éléments d’information ou une nouvelle stratégie susceptibles de déboucher sur de meilleurs résultats et de nouvelles idées de collaboration avec les partenaires communautaires.

De même, les usagers de ce guide ne fourniront pas tous le même niveau de soins. Bien que le livre ait été rédigé principalement pour les professionnels qui interagissent directement avec les personnes âgées dont ils s’occupent, il est également destiné à ceux qui ont une relation moins étroite avec les personnes âgées mais qui ont besoin de se familiariser avec les problèmes à traiter et les méthodes utiles pour pouvoir conseiller et appuyer leur personnel.

 

Qu’est-ce que ce guide propose ?

Ce guide propose des renseignements, des outils et des conseils pour aider les fournisseurs de services :

• à reconnaître et à comprendre les problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu chez les personnes âgées ;

• à mieux faire comprendre ces problèmes et à faire régresser les préjugés qui y sont associés ;

• à aborder délicatement et de façon dynamique, positive et utile les personnes âgées aux prises avec ces problèmes ;

• à dépister les problèmes et à orienter les personnes âgées vers les services appropriés ;

• à guider et à appuyer le personnel, les familles et les autres fournisseurs de soins ;

• à accéder aux systèmes de traitement des problèmes de toxicomanie et de santé mentale ;

• à instaurer un changement favorable dans la vie des personnes confrontées à ces problèmes.

De plus, ce guide contient une série de fiches de renseignements qui concernent des problèmes particuliers de toxicomanie et de santé mentale et qui ciblent les personnes âgées, leur famille et leurs soignants. N’hésitez pas à photocopier ces fiches pour vos clients, leur famille et d’autres fournisseurs de services. Vous trouverez également dans ce guide une liste reprenant les sites Web, la documentation et les ressources communautaires qu’il est recommandé de consulter pour plus de renseignements et de soutien.

Sachant les contraintes de son horaire de travail chargé, nous encourageons le lecteur à rechercher dans toute section d’intérêt l’information dont il a besoin et à lire le livre en entier, lorsqu’il en aura le loisir, pour en dégager au mieux les grandes lignes.

Nous espérons que vous trouverez cette ressource utile et éclairante.

 

Avant-propos

 

La plupart des personnes âgées vivent de manière autonome dans la collectivité, sans problèmes de comportement ni troubles psychologiques ou cognitifs. En revanche, une certaine minorité éprouve des difficultés importantes associées à la toxicomanie, à des problèmes de santé mentale ou au jeu. On sait, par exemple, que cinq pour cent des adultes de 65 ans ou plus vivant au sein de la collectivité sont atteints de démence et sensiblement le même pourcentage souffre de dépression clinique. Ces proportions s’accroissent de façon spectaculaire dans les milieux de soins : de 25 à 50 pour cent des personnes âgées en foyer de soins de longue durée sont frappées de démence ou de dépression clinique.

Les adultes âgés de 65 ans ou plus augmentent plus rapidement en proportion et en nombre que tous les autres groupes d’âge et ce sont les plus âgés qui connaissent la croissance la plus rapide (c’est-à-dire les personnes de plus de 85 ans). C’est pourquoi, dans les années à venir, le système de santé canadien connaîtra une flambée sans précédent du nombre de personnes âgées aux prises avec des problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu. La santé physique et la santé mentale étant indissociables lorsqu’on vieillit, la plupart des personnes âgées affligées de l’un de ces problèmes seront également touchées par d’autres maladies liées à l’âge, ce qui rendra leurs soins plus complexes et aussi plus nécessaires.

Les superviseurs, les gestionnaires et le personnel qui travaillent avec les personnes âgées doivent être prêts à aborder ces problèmes. Heureusement, des progrès insignes réalisés dans plusieurs domaines d’intérêt ces 30 dernières années — particulièrement en psychiatrie gériatrique, en neurologie comportementale, en gérontologie et en soins infirmiers psychogériatriques — ont alimenté de façon impressionnante les données empiriques et les connaissances fondées sur l’expérience clinique liées à ces problèmes. Grâce à ces avancées, les cliniciens ont à présent la capacité de diagnostiquer ces problèmes et de les combattre.

Ce guide porte non seulement sur les affections qui sont les plus présentes chez les personnes âgées — démence, dépression, anxiété, dépendance au tabac, délire, abus de médicaments sur ordonnance — mais aussi sur celles qui, bien qu’elles les affligent en plus petit nombre, causent chez elles passablement de détresse et d’invalidité (p. ex., l’usage d’alcool, les problèmes de jeu, le trouble bipolaire, la schizophrénie et les troubles de la personnalité). On y trouve également un complément d’information sur les difficultés qui peuvent survenir pendant la vieillesse (p. ex., l’isolement, les mauvais traitements aux personnes âgées, l’agressivité, les tendances suicidaires, la négligence de soi, l’accumulation, l’itinérance). D’autres sections du guide abordent une variété d’autres sujets d’intérêt (p. ex., l’âgisme, la diversité pendant la vieillesse, les composants des soins, les obstacles à l’aiguillage, les ressources communautaires). Le guide contient également une série de fiches d’information qui peuvent être fournies aux personnes âgées ou aux membres de leur famille. Des renseignements sur le dépistage ou le diagnostic et des stratégies d’intervention y sont présentés de façon claire et pratique, afin qu’ils puissent être utilisés par tous les professionnels leur prodiguant des soins, quelles que soient leur formation et leur expérience.

Améliorer notre approche auprès des personnes âgées confrontées à des problèmes de toxicomanie et de santé mentale est à la fois une possibilité clinique et une obligation démographique. Les auteurs espèrent que l’information et les outils fournis dans ce guide sauront accompagner le lecteur dans sa démarche pour améliorer la santé et la qualité de vie des personnes âgées et de leurs soignants.

Benoit H. Mulsant, MD, M.Sc., FRCPC
Médecin-chef, CAMH
Directeur, Soins cliniques, Programme de santé mentale gériatrique de CAMH
Vice-président, département de psychiatrie de l’Université de Toronto

 

Chapitre 1 : Introduction

 

Souvent, il est difficile de savoir comment aider des personnes âgées aux prises avec des problèmes de toxicomanie, de santé mentale ou de jeu ou de savoir comment demander à votre personnel de les aider. Certains fournisseurs de services pensent que les personnes âgées ne peuvent changer sous prétexte qu’il est « trop tard » pour elles ou que travailler auprès de personnes souffrant de ce type de problèmes n’est pas leur responsabilité. D’autres veulent aider mais estiment que les ressources dont ils disposent sont inadéquates, qu’ils n’ont pas les compétences nécessaires ou qu’ils ne sont pas du tout en mesure d’offrir ce dont ces personnes ont besoin.

Parce que souvent ils ne savent pas très bien s’ils peuvent aider ou comment le faire, certains fournisseurs de services attendent qu’une crise survienne et, à ce stade-là, il arrive que les problèmes soient déjà plus complexes et difficiles à traiter. Si la personne âgée en détresse n’a pas d’ores et déjà des rapports positifs avec les fournisseurs de services, elle rejettera éventuellement l’aide qui lui est proposée. Les fournisseurs de services frustrés peuvent interpréter ce refus de façon négative, qualifiant la personne âgée de « difficile », « réfractaire » ou même « manipulatrice », et rejeter cette situation qu’ils jugent sans espoir.

Dans bien des cas, les problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu chez les personnes âgées passent inaperçus ou sont considérés à tort comme des signes associés au vieillissement ou à d’autres problèmes. Résultat : des problèmes qui pourraient être réversibles ou traitables ne reçoivent pas l’attention nécessaire. Quand ces problèmes sont reconnus, souvent les préjugés qui y sont associés empêchent les personnes âgées d’en parler et de demander de l’aide. Cependant, des recherches ont montré que les personnes âgées connaissent une meilleure issue que d’autres personnes, plus jeunes, quand elles sont traitées pour la dépression ou des problèmes de toxicomanie (Canadian Coalition for Seniors’ Mental Health, 2006b ; Gurnack et coll., 2002). Les développements de l’expérience clinique et de la recherche révèlent que l’on peut atténuer de nombreux problèmes de santé mentale pendant la vieillesse et ralentir le « déclin fonctionnel » (qui mine les capacités physiques et cognitives des personnes âgées), à condition que les symptômes soient examinés et traités dans les meilleurs délais. Comme les gens de tout âge, les personnes âgées méritent des soins et un traitement appropriés.

En raison d’une meilleure espérance de vie et du vieillissement de la génération du baby‑boom (personnes nées entre 1946 et 1966), les personnes âgées forment le segment de la population canadienne qui croît le plus rapidement. En 2000, environ 13 pour cent de la population canadienne était âgée de 65 ans ou plus ; ce pourcentage devrait s’accroître pour passer à 19 pour cent d’ici 2021 et à 25 pour cent d’ici 2041 (Santé Canada, 2001). À mesure que le nombre de personnes âgées augmentera, c’est aussi le nombre de personnes âgées ayant des problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu qui va s’accroître.

Vous pouvez vous préparer aux difficultés que cette croissance présentera en apprenant des moyens de parer à ces problèmes plus adéquatement. Il n’est pas nécessaire de devenir conseiller en toxicomanie ou en santé mentale. Le rôle que vous tenez déjà peut être une occasion unique et valable d’intervenir et de produire un effet favorable. L’information et les stratégies proposées dans ce guide vous donneront les connaissances et les outils nécessaires pour reconnaître les problèmes sans tarder, comprendre quelle aide est offerte et laquelle convient au client âgé, prévenir les problèmes, empêcher les crises et, à terme, continuer à soutenir la personne. Des ressources supplémentaires sont fournies pour continuer à développer les connaissances, l’expertise et la capacité communautaire d’intervention en présence de problèmes.

 

Définir un problème

Extrait du chapitre 1 : Introduction

 

Les problèmes ne sont pas toujours apparents. Par exemple, toute personne âgée qui boit, qui se fait du souci pour sa santé ou qui joue à la loterie n’a pas nécessairement un problème.

Il y a de nombreuses façons de définir les problèmes, mais la plus simple est peut‑être de déterminer si, chez un sujet, la toxicomanie, le jeu ou la santé mentale a un effet négatif continuel sur la vie de cette personne ou sur les personnes qui sont proches d’elle. Ces effets négatifs peuvent aller bien au‑delà des symptômes immédiats qui touchent chaque aspect de la vie d’une personne, y compris la santé physique et affective, les processus mentaux, la vie sociale et familiale, le logement, les finances et la capacité à mener une vie autonome.

 

Qu’est-ce qu’un problème de toxicomanie ?

Extrait du chapitre 1 : Introduction

 

Les substances qui peuvent causer des problèmes englobent l’alcool, les médicaments sur ordonnance et en vente libre ainsi que les drogues illicites, comme la marijuana. Les personnes qui ont un problème de toxicomanie peuvent :

  • cumuler ou aggraver des problèmes de santé (p. ex., chutes entraînant une hospitalisation), maintenir des relations tendues avec leur famille et leurs amis ou éprouver des problèmes de logement (p. ex., éviction) ;
  • avoir de la difficulté à remplir leurs obligations (p. ex., donner des soins, respecter les rendez-vous, payer les factures) ;
  • avoir des démêlés avec la justice après avoir conduit en état d’ébriété, commettre une inconduite liée à l’alcool ou des actes de violence conjugale ;
  • être incapables de cesser ou réduire leur consommation malgré des problèmes de santé sévères ou de graves conséquences sociales ;
  • se lancer à la recherche de drogues ou d’alcool en entreprenant, par exemple, une chasse aux docteurs (consultation de nombreux médecins différents) ou une course aux ordonnances (cumul d’ordonnances pour le même médicament auprès de médecins différents) ;
  • avoir de la difficulté à accéder aux services nécessaires en raison de comportements liés à l’usage de drogues ou d’alcool.

 

Que signifient « dépendance » et « toxicomanie » ?

Le terme « dépendance » peut semer la confusion dans la mesure où il comporte un élément psychologique et un élément physique. Le terme « toxicomanie » est souvent mal compris aussi.

Ladépendance psychologique commence lorsqu’une personne estime qu’elle a besoin d’un médicament pour fonctionner ou se sentir à l’aise, par exemple elle a besoin de boire de l’alcool pour évoluer avec aise dans des situations sociales ou besoin de prendre un sédatif pour pouvoir dormir. À la longue, certaines personnes peuvent penser qu’elles ont besoin d’une drogue ou d’alcool simplement pour pouvoir tenir le rythme de la vie quotidienne.

Ladépendance physique commence lorsque l’organisme s’est adapté à la présence d’une drogue. La tolérance s’est développée, ce qui signifie que la drogue en cause doit être prise en plus grande quantité pour produire le même effet. Quand l’usage de la drogue cesse, des symptômes de sevrage apparaissent.

Latoxicomanie comporte toujours une dépendance psychologique, mais elle ne s’accompagne pas nécessairement d’une dépendance physique.

Beaucoup pensent que la dépendance psychologique à la drogue n’est pas aussi grave que la dépendance physique. Ce n’est pas nécessairement vrai. Si la dépendance physique peut entraîner des symptômes désagréables et même des symptômes de sevrage dangereux (p. ex., nausée, tremblements, crises d’épilepsie) quand l’usage de drogues cesse, ces symptômes se dissipent généralement assez vite, c’est‑à‑dire en l’espace de quelques heures, de quelques jours ou de quelques semaines. Les épisodes de besoin intense, les déclencheurs et les comportements compulsifs associés à la dépendance psychologique peuvent mettre bien plus longtemps à s’estomper après que l’usage a cessé. Ils peuvent perdurer pendant plusieurs mois, voire des années. Surmonter la dépendance psychologique est souvent ce qu’il y a de plus difficile.

Certaines substances produisent une dépendance psychologique sans dépendance physique (p. ex., la cocaïne) ; d’autres peuvent produire et une dépendance psychologique et une dépendance physique (p. ex., l’alcool, les benzodiazépines, la nicotine, les opioïdes). Il est possible aussi de développer une dépendance physique mais non psychologique à une substance. On le constate parfois chez les personnes qui prennent des médicaments opioïdes comme le Tylenol 3, le Percocet ou la morphine pour le traitement d’une grave douleur. Une fois l’organisme guéri et la douleur dissipée, on arrive à cesser graduellement de prendre un médicament antidouleur sans éprouver le besoin d’en reprendre. D’autres personnes, cependant, développent une dépendance psychologique aux médicaments antidouleurs sur ordonnance et auront éventuellement besoin d’un soutien, soit pour faciliter la cessation de ces médicaments, soit comme traitement à long terme de maintien à la méthadone ou de maintien à l’aide d’un autre opioïde.

Certains problèmes particuliers de toxicomanie chez les personnes âgées sont abordés au chapitre 3, dans les sections sur l’alcool, les drogues illicites, les médicaments et le tabac.

 

Qu’est-ce qu’un problème de santé mentale ?

Extrait du chapitre 1 : Introduction

 

Se sentir triste ou angoissé, avoir des pensées inhabituelles ou des moments d’oubli, tout cela est très souvent normal. Il arrive à tout le monde de traverser des périodes comme cela. Ce qui distingue les émotions et les pensées normales d’un problème de santé mentale, c’est qu’une personne avec un problème de santé mentale présente :

• plusieurs symptômes ;

• des symptômes qui persistent longtemps ;

• des symptômes qui lui causent une détresse et qui l’empêchent de s’occuper adéquatement d’elle‑même et de fonctionner normalement sur le plan professionnel, dans ses loisirs ou dans ses relations.

Parfois, les symptômes de la dépression se traduisent par une perte d’intérêt pour les activités quotidiennes ou le fait de ne plus y prendre plaisir, par de l’irritabilité, par une perte d’énergie et par une modification de l’appétit. Pour établir un diagnostic de dépression, il faut que les symptômes persistent pendant au moins deux semaines et qu’ils soient présents la majeure partie de la journée et presque tous les jours (American Psychiatric Association, 2000). Une personne âgée en proie à la dépression peut ne pas manger correctement et ne pas recevoir une nutrition adéquate, perdre tout intérêt pour ses passe-temps et s’isoler.

La maladie mentale dégrade le moral d’une personne, son humeur et son comportement. Elle est causée par un dérèglement chimique du cerveau, parfois compliqué par les circonstances de la vie, comme un traumatisme ou un mauvais traitement, qui peuvent déclencher la maladie. La recherche nous oriente vers un facteur génétique dans les troubles tels que la schizophrénie, le trouble bipolaire et la dépression majeure.

Souvent, la maladie mentale est épisodique ou cyclique ; une personne peut avoir des épisodes de maladie aiguë, mais aussi de longues périodes de mieux‑être. L’exception est la démence, qui s’accompagne d’un déclin fonctionnel continu. La présence de problèmes de santé mentale et leur courbe chez les personnes âgées présentent des différences considérables en ce qui concerne leur état de santé général, leur régime alimentaire, le cadre de soins, l’accès aux soutiens sociaux et d’autres facteurs de vie.

Un réseau de soutien solide qui apporte une sécurité et le sentiment d’avoir la situation bien en mains peut aider une personne atteinte d’une maladie mentale à surmonter ses symptômes. Les personnes âgées qui ont une démence ou d’autres problèmes de vieillesse sont plus susceptibles d’avoir un réseau de soutien solide que celles qui ont des problèmes de santé mentale chroniques de longue durée, comme l’apparition précoce de la schizophrénie ou du trouble bipolaire. Quand les personnes atteintes d’une maladie mentale grave de longue durée atteignent un vieil âge, souvent les contacts avec leur famille et le soutien qu’elles en reçoivent sont rares ou inexistants. Ceci peut entraîner la pauvreté, l’isolement et l’hospitalisation.

 

Problèmes de santé mentale chez les personnes âgées

Les problèmes de santé mentale qui surviennent pendant la vieillesse comprennent le trouble anxieux, la dépression, les troubles de la personnalité, les troubles psychotiques, la démence et le délire.

Le trouble anxieux et la dépression peuvent frapper des personnes arrivées à un stade avancé de la vie, même si elles n’ont pas connu ces problèmes pendant leur jeunesse. Le déclin physique, social et financier associé au processus normal du vieillissement peut surcharger les émotions d’une personne, d’où sa plus grande vulnérabilité à ces problèmes de santé mentale.

Les troubles de la personnalité ou troubles psychotiques, telle la schizophrénie, qui étaient présents à un stade précoce de la vie peuvent persister jusqu’à un vieil âge. Les symptômes ou les comportements peuvent soit s’exacerber, soit s’estomper avec le temps. La schizophrénie peut également se manifester plus tard au cours de la vie, après l’âge de 40 ans ou même après 60 ans.

La démence est la cause la plus fréquente des problèmes de comportement chez les personnes âgées. Plus une personne vit longtemps, plus le risque de démence est grand.

Le délire chez les personnes âgées est un phénomène qui souvent est mal diagnostiqué ou passe inaperçu. Les symptômes comme la confusion mentale, la désorientation et une obnubilation de la conscience peuvent tous être présents dans d’autres types de problèmes de santé mentale. En ce qui concerne le délire, cependant, les symptômes commencent généralement de façon soudaine, par exemple après une chirurgie, et peuvent durer quelques jours seulement. Si les symptômes ne sont pas traités, le délire peut devenir un problème cognitif plus permanent. Le délire est considéré comme une urgence médicale.

Chacun de ces problèmes est abordé plus en détail au chapitre 3.

 

Qu’est-ce que le jeu problématique ?

Extrait du chapitre 1 : Introduction

 

Les personnes qui jouent à l’excès ne sont pas toutes les mêmes, non plus que ne le sont leurs problèmes. Il y a des personnes qui s’adonnent au jeu compulsif dans tous les groupes d’âge, les groupes de revenu, dans toutes les cultures et les professions. Certaines personnes développent des problèmes de jeu de façon soudaine, d’autres le font sur de nombreuses années.

Il y a de nombreuses raisons à l’origine d’un problème de jeu. Par exemple, certaines personnes éprouvent des problèmes quand elles essaient de récupérer l’argent qu’elles ont perdu au jeu ou parce qu’elles aiment se trouver dans le feu de l’action. D’autres éprouvent de nombreuses sources de stress contre lesquelles le jeu apporte le soulagement tant attendu.

Le jeu problématique n’est pas qu’une question d’argent. C’est quelque chose qui peut changer du tout au tout la vie d’une personne.

Le jeu devient problématique quand il :

  • perturbe le travail, l’école ou les autres activités ;
  • porte atteinte à la santé mentale ou physique d’une personne ;
  • nuit à une personne financièrement ;
  • ternit la réputation d’une personne ;
  • cause des problèmes pour la famille ou les amis d’une personne.

La section Jeu problématique contient des renseignements sur le jeu chez les personnes âgées.

Pour un complément d’information sur le jeu problématique, visiter www.problemgambling.ca.

 

Qu’est-ce que les troubles concomitants ?

Extrait du chapitre 1 : Introduction

 

On dit d’une personne qu’elle souffre de troubles concomitants lorsqu’elle a à la fois un problème de toxicomanie et un problème de santé mentale.

Le terme « troubles concomitants » est employé en Ontario ; ailleurs, comme en Colombie‑Britannique et aux États‑Unis, d’autres termes sont employés, par exemple « troubles comorbides » ou « trouble cooccurrents », « chimiodépendance complexe » et « double diagnostic » (en Ontario, le double diagnostic désigne la cooccurrence d’un retard du développement et de problèmes de santé mentale).

Les troubles concomitants, de gravité et de forme variables, touchent notamment les personnes qui ont :

  • des problèmes de santé mentale et de toxicomanie importants, mais bénins ;
  • des troubles psychiatriques causés ou exacerbés par des drogues ;
  • des problèmes de santé mentale et de toxicomanie sévères et persistants.

La combinaison la plus courante de troubles concomitants est celle qui allie toxicomanie et troubles de l’humeur ou trouble anxieux. Suivent, par ordre d’incidence, la cooccurrence de la toxicomanie et de troubles mentaux sévères et persistants (p. ex., la schizophrénie), puis les troubles de la personnalité et les troubles de l’alimentation (Santé Canada, 2001).

Lorsqu’on travaille auprès de personnes qui ont un problème de santé mentale ou de toxicomanie, les troubles concomitants devraient être considérés comme quelque chose qui est « inévitable, non pas exceptionnel » (Minkoff, 2000). Les personnes qui reçoivent des services pour un problème de santé mentale ou de toxicomanie ont dans bien des cas, sinon la plupart du temps, des troubles concomitants.

La relation entre les problèmes de toxicomanie et de santé mentale

La relation entre les problèmes de toxicomanie et de santé mentale diffère d’une personne à l’autre. Il n’est pas toujours possible de comprendre lequel de ces problèmes est apparu en premier. Cela dit, il est important de comprendre que, souvent, les deux problèmes ont une influence et des répercussions l’un sur l’autre. En voici quelques exemples :

  • Les personnes ayant des problèmes de santé mentale sont plus sujettes aux problèmes de toxicomanie. Elles tendent à éprouver des problèmes à des niveaux plus faibles de toxicomanie et peuvent utiliser la drogue ou l’alcool pour essayer de soulager leurs symptômes de troubles psychiatriques.
  • La toxicomanie peut déclencher des symptômes de troubles psychiatriques. L’alcool, par exemple, lorsqu’il est consommé en grande quantité sur une certaine période peut causer des symptômes de dépression. La toxicomanie peut également entraîner des troubles psychosociaux qui, eux, peuvent conduire à des problèmes de santé mentale.
  • Un facteur génétique, du développement ou environnemental commun pourrait déclencher ces deux problèmes à la fois. Par exemple, un évènement traumatique tel qu’une agression sexuelle pourrait engendrer en même temps des problèmes de santé mentale et de toxicomanie.
  • Il n’y pas nécessairement d’interaction entre un problème de toxicomanie et un problème de santé mentale : l’un peut subsister même lorsque l’autre est maîtrisé (O’Grady et Skinner, 2007).

 

Le continuum de la sévérité

Extrait du chapitre 1 : Introduction

 

Comme dans le cas de nombreuses affections, les problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu peuvent varier en intensité, celle‑ci allant de légère à sévère. Les facteurs qui définissent la sévérité des problèmes comprennent la durée du problème et le nombre de symptômes ou d’autres effets négatifs. Les problèmes sévères peuvent apparaître au cours de la vie d’une personne, par exemple à la suite d’un évènement de la vie ; ils peuvent aussi être continus et fluctuer en intensité au fil du temps. Des changements de circonstances dans la vie, comme le départ à la retraite ou le décès d’un être cher, peuvent déclencher un problème ou sa réapparition. Les problèmes de santé mentale bénins peuvent s’aggraver s’ils ne sont pas traités ; les fournisseurs de services, la famille et la personne elle‑même doivent jouer leur rôle et identifier le plus tôt possible les problèmes de santé mentale potentiels.

 

Reconnaître les problèmes

Extrait du chapitre 1 : Introduction

 

Les signes qui accompagnent les problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu passent souvent inaperçus. Ceci est particulièrement vrai dans le cas de la démence et de la dépression. Les signes peuvent être négligés, attribués aux effets du vieillissement (oublis ou confusion mentale) ; ils peuvent aussi être confondus avec les signes d’un autre problème (les signes de dépression, de toxicomanie et de démence peuvent, en effet, se ressembler). Pendant la vieillesse, les symptômes de problèmes de santé mentale tels que l’anxiété et même la psychose (p. ex., les craintes ou les comportements étranges ou excentriques) peuvent être perçus comme étant typiques de la vieillesse (« un stade normal du vieillissement »). Certaines gens tiennent pour acquis que les personnes âgées n’ont pas de problèmes de toxicomanie ou de jeu, d’autres estiment que si certaines d’entre elles prennent de l’alcool ou d’autres drogues, elles sont peu nombreuses à le faire. D’autres encore pensent que boire est bon pour la santé quand on vieillit ou que le jeu et l’alcool sont des activités agréables et sans danger qui permettent aux personnes âgées de chasser la solitude et l’ennui. Le fait d’ignorer que le jeu peut mener à de graves problèmes et l’absence de signes révélant d’éventuels problèmes sont autant d’éléments qui peuvent empêcher de reconnaître les problèmes de jeu (Organisation mondiale de la Santé et World Psychiatric Association, 2002).

Les personnes âgées ne sont pas toujours disposées à aborder ou à admettre leurs problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu, soit parce qu’elles ont honte, soit parce qu’elles croient que ces questions devraient être discutées en privé. Pour dissimuler leur problème, elles choisiront peut‑être de s’isoler. Parfois elles vivent dans l’isolement pendant de nombreuses années avant qu’une crise – généralement un problème de santé ou de logement – attire l’attention de fournisseurs de services.

En recevant sans tarder l’aide particulière dont elles ont besoin pour résoudre leurs problèmes, avant qu’ils ne s’exacerbent, ces personnes pourront éventuellement éliminer la nécessité d’un traitement et s’orienter dans une voie plus saine pour profiter de la vie, poursuivre leurs intérêts, se consacrer aux gens dont elles doivent s’occuper ou assumer d’autres responsabilités. Les interventions peuvent être aussi simples que fournir de l’information à la personne âgée pour la renseigner sur le problème en cause. Les personnes qui ont des difficultés d’une nature plus intense auraient peut-être intérêt à faire l’objet d’interventions plus formelles, comme un bref counseling ou un aiguillage vers un spécialiste compétent. Les problèmes graves devront peut‑être être soumis d’urgence à l’attention d’un médecin. Comprendre l’état et les antécédents de la personne âgée peut vous aider à reconnaître la gravité du problème et à accéder au soutien requis.

 

Vieillir peut rendre plus vulnérable aux problèmes

Extrait du chapitre 1 : Introduction

 

La plupart des gens vieillissent sereinement et continuent à employer ou à adapter les mécanismes qu’ils ont développés au cours de leur vie pour affronter le stress, les pertes et les transitions souvent associés au vieillissement. En revanche, les difficultés inhérentes aux changements liés à l’âge, décrites ci‑dessous, peuvent accroître la vulnérabilité de certaines personnes âgées aux problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu. Aucun facteur ne sera nécessairement à lui seul la cause d’un problème, mais il peut en augmenter le risque, particulièrement s’il est associé à d’autres facteurs.

La vulnérabilité des personnes âgées aux problèmes peut être exacerbée par les phénomènes suivants.

Changements physiologiques : lorsqu’on vieillit, les changements qui viennent modifier le métabolisme, la masse grasse, la teneur en eau de l’organisme et la taille d’une personne peuvent intensifier l’effet de l’alcool et de certains médicaments.

Perturbation des facultés mentales : une déficience cognitive peut accroître le stress et l’anxiété et perturber le jugement d’une personne relativement à l’usage de drogues et d’alcool et au jeu.

Diminution des capacités : La perte de capacités physiques telles que la mobilité, l’ouïe ou la vue peut, d’une part, réduire l’aptitude d’une personne à s’engager dans des activités qui auparavant lui procuraient du plaisir, de l’agrément et une autonomie et, d’autre part, augmenter son isolement.

Perte des réseaux sociaux : Le soutien d’une personne peut être gravement affaibli par l’effondrement de ses réseaux sociaux, notamment par un départ à la retraite, un déménagement, une réduction de la mobilité, un décès, une séparation ou un divorce.

Autres pertes, changements et transitions : Souvent, les personnes âgées cumulent un grand nombre de pertes et de changements ; par exemple, le départ du domicile familial, le deuil d’un époux ou d’amis et leur perte d’autonomie. Ces pertes, particulièrement lorsque le répertoire de stratégies d’adaptation de la personne ne fonctionne plus, peuvent s’enchaîner et augmenter sa vulnérabilité aux traumatismes, à la souffrance et au désespoir.

Douleur, insomnie et stress : Le stress physique et affectif qui n’est pas géré de manière adéquate ou appropriée ou qui empire au fil du temps peut également perturber la capacité d’adaptation d’une personne. Des recherches ont révélé que certaines personnes âgées utilisent à la fois l’alcool et les médicaments pour traiter des symptômes psychologiques (p. ex., pour se relaxer, pour favoriser le sommeil, pour soulager la tension ou l’anxiété, pour oublier des soucis et pour soulager la douleur). Ce comportement les expose au risque d’en faire un usage inapproprié ou abusif et d’y développer une dépendance (Graham et coll., 1996 ; Santé Canada, 2002).

Autres affections : Les maladies du cœur, les problèmes digestifs, l’arthrite et d’autres affections bénignes ou graves peuvent aussi mettre en jeu la capacité d’adaptation d’une personne âgée et accroître chez elle l’usage de médicaments sur ordonnance et en vente libre.

Diminution des ressources financières : Lorsqu’une personne a moins d’argent, cela peut se répercuter sur les choix et le type d’accès dont une personne dispose en termes de logement, d’aliments, d’habillement, de transport et de soins de santé.

Changement spirituel des valeurs : En vieillissant, l’importance qu’une personne attache aux biens matériels, aux relations sociales, au succès et à l’échec et à la vie en tant que telle ; la vie peut sembler futile.

Ces réalités peuvent conduire les personnes âgées à tenter d’échapper à leurs difficultés, à les masquer ou à se soigner à travers la toxicomanie ou le jeu. Ces formes de stress et de changements peuvent aussi précipiter ou exacerber les problèmes de santé mentale et amplifier le risque de problèmes liés aux médicaments.

 

Âgisme et autres formes de préjugés

Extrait du chapitre 1 : Introduction

 

Dans notre société nord‑américaine, le plus clair de l’attention et des ressources est concentré sur les jeunes alors que les personnes âgées sont souvent marginalisées et peu valorisées. Les personnes âgées peuvent faire l’objet de préjugés, de stéréotypes et d’actes de discrimination simplement parce qu’elles sont perçues ou définies comme étant « vieilles » (American Psychological Association, 2004). Elles peuvent être jugées invisibles, inutiles ou comme un gouffre pour la société.

Le terme « âgisme » désigne les attitudes qui prévalent à l’égard des personnes âgées et de leurs capacités. La discrimination fondée sur l’âge est la conséquence d’attitudes âgistes. L’âgisme a une incidence sur la personne, mais aussi sur la disponibilité et la conception des programmes et des services, qui peuvent entraîner l’absence des ressources communautaires requises pour répondre aux besoins des personnes âgées. Les services conçus pour les adultes en général ne parviennent pas toujours à reconnaître ou à pallier les besoins et les problèmes des personnes âgées, alors que les services qui s’adressent à elles spécifiquement sont rares et mal financés. La discrimination contre les personnes âgées, qu’elle soit intentionnelle ou non, est chose courante dans de nombreux secteurs de prestation de services (Commission ontarienne des droits de la personne, 2001).

Les préjugés touchent les personnes de tout âge qui ont un problème de toxicomanie, de santé mentale ou de jeu. Ils désignent des attitudes négatives et un comportement négatif (empreint de discrimination) à l’égard d’autrui. Les répercussions des attitudes ou comportements négatifs du personnel, volontaires ou non, peuvent se répercuter de manière défavorable sur les services et les soins que les clients reçoivent. Les personnes âgées ont eu de nombreuses années pour assimiler les préjugés, la honte et la perte de l’estime de soi, si bien qu’elles peuvent finir par croire justifiées les nombreuses formes de discrimination qu’elles subissent au cours de la vieillesse (Baker, 2006). Quand l’âgisme s’ajoute à cela, le fardeau du préjugé qui accompagne un problème de toxicomanie, de santé mentale ou de jeu s’alourdit (Centre de toxicomanie et de santé mentale, 2005).

 

L’âgisme et les autres formes de préjugés créent des obstacles

Certaines attitudes et certaines attentes peuvent dégrader l’intervention des personnes qui travaillent auprès des personnes âgées. Les services peuvent être interrompus ou refusés lorsque les fournisseurs, ou les politiques de leurs organismes, font valoir que les personnes âgées :

  • occupent une place qui devrait être réservée à des patients ou à des clients « qui le méritent plus » ;
  • ne sont pas admissibles à certains services (p. ex., aux soins à domicile, aux services de soutien à la personne, aux services de santé mentale ou de toxicomanie) tant qu’elles n’ont pas reçu d’aide pour leur problème de santé mentale, de toxicomanie ou de jeu ;
  • sont inflexibles et incapables de changer ;
  • sont récalcitrantes parce qu’elles refusent des services qui selon elles ne correspondent pas à leurs besoins ou à leurs priorités.

Les personnes âgées qui ont des problèmes de toxicomanie peuvent être prises dans une « porte tournante » qui les renvoie d’une place à l’autre entre le service des urgences ou les services médicaux et sociaux et dans laquelle des services leur sont refusés. Elles peuvent être rejetées, soumises à la honte (p. ex., qualifiées d’alcooliques ou d’ivrognes), traitées comme si elles n’existaient pas, sans aucun égard ou avec moins de respect que d’autres citoyens. Souvent, les personnes âgées qui ont une maladie mentale reçoivent un traitement et des soins de qualité médiocre. Elles peuvent être marginalisées à l’intérieur de divers systèmes, mises à l’écart du système de santé ou institutionnalisées inutilement. Elles peuvent aussi avoir une qualité de vie médiocre et être victimes d’iniquités matérielles et financières (Organisation mondiale de la Santé et World Psychiatric Association, 2002). Les personnes atteintes de démence sont parfois considérées comme des citoyens incapables d’apprécier le moindre côté de la vie ; quant à la dépression, elle ne serait jamais que de la fainéantise. Il peut être difficile pour certains fournisseurs de services de comprendre comment des problèmes de jeu pourraient apparaître pendant la vieillesse ; ils peuvent penser que la personne est déraisonnable ou obsédée par l’argent et qu’elle mérite ce qui lui arrive et ils oublient que cette personne a besoin d’aide.

Les personnes âgées peuvent internaliser l’attitude âgiste de la société et avoir encore plus honte de leurs problèmes de santé mentale, de toxicomanie et de jeu. L’âgisme et les autres formes de préjugés démolissent l’estime de soi et empêchent les personnes âgées de demander ou de recevoir de l’aide des services compétents. Parfois, elles évitent de demander de l’aide pour les raisons suivantes :

  • elles ne voient pas qu’elles ont un problème ;
  • elles estiment qu’elles devraient pouvoir surmonter elles-mêmes leurs problèmes sans aucune aide ;
  • elles ne savent pas nécessairement qu’une aide est disponible ou à quel endroit la trouver ;
  • elles ont honte et veulent cacher leurs problèmes ;
  • elles veulent protéger la réputation de leur famille ;
  • elles craignent les répercussions (démêlés avec la justice, placement dans un foyer) ;
  • des fournisseurs de services leur ont manqué de respect ;
  • elles trouvent peu ou pas de services ciblant les personnes âgées dans leur région ;
  • elles n’ont aucun espoir que la situation puisse s’améliorer ;
  • elles ne considèrent pas qu’elles méritent d’être aidées.

L’âgisme et les préjugés sont alimentés par l’ignorance et la peur. Quand des personnes commencent à mieux connaître et à mieux comprendre le vieillissement et la façon dont commencent les problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu, alors la connaissance et la compréhension remplacent l’ignorance et la peur, puis l’âgisme et les préjugés s’estompent et disparaissent.

 

Diversité

Extrait du chapitre 1 : Introduction

 

Les personnes âgées forment le groupe d’âge le plus hétérogène (American Psychological Association, 2004). Elles ont entre 55 et 100 ans. Dans ce groupe d’âge, mis à part l’âgisme et les préjugés, certains sous-groupes peuvent faire l’objet d’une discrimination et présenter un désavantage, d’où leur plus grande vulnérabilité aux problèmes de santé mentale et de toxicomanie et une amplification des problèmes existants. D’autre part, ces personnes peuvent faire face à d’importants obstacles aux soins de santé et aux services sociaux. Lorsqu’ils connaissent dans une certaine mesure les problèmes propres à ces sous‑groupes, les fournisseurs de services sont parfois mieux à même de combler leurs besoins particuliers.

Genre

Les femmes et les hommes âgés diffèrent dans la mesure où :

  • les femmes, souvent, vivent plus longtemps que les hommes et pour autant sont plus susceptibles :
    - de devoir s’occuper d’un conjoint invalide et de lui survivre ;
    - de jouer le rôle d’aidantes naturelles et de porter davantage que les hommes âgés le fardeau des soins à domicile (Commission ontarienne des droits de la personne, 2001) ;
    - d’éprouver des problèmes liés à l’âge, comme la démence et d’autres affections (American Psychological Association, 2004 ; Commission ontarienne des droits de la personne, 2001) ;
  • les femmes âgées, souvent, ont moins de ressources financières que les hommes âgés (American Psychological Association, 2004 ; Commission ontarienne des droits de la personne, 2001) ;
  • les femmes sont plus sujettes à éprouver des problèmes d’intoxication et de toxicomanie à des niveaux plus faibles d’usage de drogues ou d’alcool que les hommes, pour la bonne raison que leur organisme ne métabolise pas l’alcool et les autres drogues de la même manière que celui de l’homme ;
  • les hommes âgés présentent un risque particulièrement élevé de suicide ; en 1997, le taux de suicide chez les hommes âgés, au Canada, était presque deux fois plus élevé que pour l’ensemble de la nation (Canadian Coalition for Seniors’ Mental Health, 2006c) ;
  • les hommes sont plus susceptibles que les femmes de boire excessivement et au moins deux fois plus susceptibles d’avoir une dépendance à l’alcool (Tjepkema, 2004).

Invalidité

Au Canada, 35 pour cent des personnes frappées d’invalidité sont âgées ; dans bien des cas, en effet, ces invalidités apparaissent pendant la vieillesse. Celles qui touchent le plus de personnes âgées concernent la mobilité (74 pour cent), la souplesse et l’agilité physiques (65 pour cent), l’ouïe (42 pour cent) et la vue (26 pour cent) (Conseil consultatif national sur le troisième âge, 2005a). Il existe d’autres types d’invalidité, notamment les troubles psychiatriques, cognitifs et du développement.

Les personnes âgées qui ont une invalidité de longue durée ont peut-être éprouvé toute leur vie des problèmes d’emploi, de transport, de logement et de discrimination. La vieillesse peut aggraver la pauvreté et la discrimination chroniques (Commission ontarienne des droits de la personne, 2001).

Si une invalidité apparaît pendant la vieillesse, elle risque fort de causer un changement soudain dans la vie de la personne et de précipiter une dégradation rapide de son état de santé. Quoi qu’il en soit, les personnes âgées qui ont une invalidité peuvent avoir un niveau élevé de stress, de douleur, d’isolement social et être plus vulnérables à de mauvais traitements de la part de leur entourage. Tous ces facteurs peuvent influencer leur capacité à s’adapter et accroître leur vulnérabilité aux problèmes de toxicomanie et de santé mentale. Des problèmes de transport et d’accessibilité peuvent limiter leur accès aux traitements et aux soutiens communautaires.

Orientation et identité sexuelles

L’identité sexuelle d’une personne reste un aspect crucial et important de son identité toute sa vie durant, même pendant le troisième âge. Quand les gens estiment qu’ils doivent cacher cet aspect de leur identité personnelle, ils sont privés de vivre et de s’exprimer librement, ce qui peut se répercuter de manière défavorable sur leur santé mentale.

Les membres des communautés lesbienne, gaie, bisexuelle, transsexuelle, transgenderiste, bispirituelle, intersexuelle et queer (LGBTTTIQ) sont l’objet de discrimination de leur entourage, d’inconnus, ainsi que de fournisseurs de soins de santé, de services sociaux et de services aux personnes âgées. Si l’incidence des problèmes de toxicomanie et de santé mentale est élevée au sein de ces communautés (Conseil consultatif national sur le troisième âge, 2002), bon nombre de leurs membres se privent de soins parce qu’ils craignent la discrimination et les préjugés.

Les personnes LGBTTTIQ peuvent avoir développé une structure de soutien dans le cadre d’une autre famille, structure qui n’est peut-être pas reconnue ou bienvenue dans les services traditionnels. Une bonne partie de l’actuelle génération de personnes âgées LGBTTTIQ peut mener une vie cachée ou cesser de révéler son identité sexuelle parce qu’elle ne souhaite pas faire l’objet d’une discrimination par les fournisseurs de services.

Groupes ethnoculturels

Les attitudes à l’égard des personnes âgées et le rôle exigé d’elles dans la société varient largement au sein des groupes ethnoculturels. Certains ont beaucoup de considération pour les personnes âgées en raison de leur expérience et de leur sagesse ; d’autres rabaissent leurs idées et leurs connaissances, les jugeant anachroniques. La compréhension des problèmes de santé mentale, de toxicomanie et de jeu varie également au sein des groupes ethnoculturels. Ces facteurs sont autant d’éléments qui influencent le risque de problèmes chez les personnes âgées, leur résistance, le niveau de soutien qui leur est offert et leur attitude lorsqu’il s’agit de demander de l’aide pour ces problèmes.

Certaines personnes âgées, lorsqu’elles immigrent, ressentent un profond isolement qui n’a d’égale que leur méconnaissance des soutiens offerts, qu’il s’agisse de services de transport ou de services sociaux et de santé. L’expérience de l’immigration peut intensifier leur crainte de devenir financièrement dépendantes et diminuer leur statut au sein de la famille.

Les barrières linguistiques, l’absence de « compétence culturelle » et la discrimination réservée aux groupes ethnoculturels par les fournisseurs de services traditionnels peuvent empêcher de demander ou de recevoir l’aide nécessaire.

 

Les problèmes sont complexes

Extrait du chapitre 1 : Introduction

 

Les problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu peuvent toucher tous les aspects de la vie d’une personne et, inversement, être influencés par eux. Les maladies mentales telles que la dépression ou l’anxiété peuvent mener une personne à essayer d’utiliser la drogue, l’alcool ou le jeu pour surmonter ou gérer ses symptômes. Ces problèmes peuvent quant à eux entraîner des problèmes de santé, sociaux et financiers, mettant ainsi à plus rude épreuve la santé mentale de la personne. Souvent, il est difficile de déterminer quel problème est apparu en premier ou de savoir par où commencer pour résoudre les divers problèmes qui s’ensuivent. C’est pourquoi il est important que les fournisseurs de services soient sensibles au vaste éventail de facteurs qui peuvent contribuer aux problèmes et qu’ils se concentrent sur la personne tout entière, et non pas sur un problème qui semble plus évident et plus préoccupant.

 

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(En anglais uniquement)

 

Voir aussi Quelle approche adopter envers les personnes âgées confrontées à des problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu