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Hiver 2011-12, Volume 15 no 2

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Dernières nouvelles de la recherche

Mark de la Hey

 

La thérapie de groupe soulage l’anxiété sociale

Bien que depuis quelques années on se tourne plutôt vers la thérapie cognitivo-comportementale individuelle pour traiter le trouble de l’anxiété sociale, une nouvelle étude de l’Hôpital du Rhode Island, à Providence, révèle que la thérapie collective peut être efficace. Aux fins de cette étude, 45 étudiants de l’Université du Colorado souffrant d’un trouble de l’anxiété sociale ont participé à huit séances (au rythme d’une par semaine) de traitement par la thérapie cognitivo-comportementale collective ou par la psychothérapie collective. Cinq participants à la thérapie collective et un participant à la psychothérapie collective n’ont pas terminé le traitement. Dans l’ensemble, les participants ont connu des améliorations sur le plan des réactions d’évitement, de la peur et de la gravité de l’anxiété sociale, mais aucune différence significative n’a été observée entre les personnes de la thérapie collective et celles de la psychothérapie collective. Les auteurs de l’étude étaient partis de l’hypothèse que la thérapie cognitivo-comportementale collective serait plus efficace, mais les résultats indiquent que la psychothérapie collective est une solution tout aussi crédible pour traiter l’anxiété sociale. Ils pensent que la tendance actuelle à recourir à la thérapie cognitivo-comportementale individuelle pour traiter le trouble de l’anxiété sociale s’explique par le fait que la thérapie cognitivo-comportementale collective n’est pas assez répandue, que son taux d’abandon est élevé et qu’on manque de temps pour encourager la dynamique de groupe. Néanmoins, ils croient possible de combiner les éléments des deux types de traitement collectif afin de réduire le taux d’abandon et d’améliorer l’efficacité du traitement.

Depression and Anxiety, 24 août 2011, publication en ligne, doi : 10.1002/da.20877. Andri S. Bjornsson et coll., Hôpital du Rhode Island, Providence.

 

La psychologie positive ne marche pas avec tout le monde

Selon une nouvelle étude de l’Université York à Toronto, les exercices de psychologie positive peuvent véritablement déprimer les gens ayant une personnalité « dépendante émotionnellement ». Les auteurs de cette étude ont défini une personne « dépendante émotionnellement » comme un individu qui a excessivement besoin de l’attention des autres et qui est enclin à se sentir impuissant. Aux fins de cette étude, ils ont demandé à 772 adultes de tout le Canada de faire quotidiennement l’un des trois exercices suivants : trouver cinq raisons d’être reconnaissants pour la journée écoulée, écouter trois ou quatre chansons égayantes ou raconter par écrit un souvenir particulier de leur petite enfance (état témoin). Ils leur ont également demandé de remplir un questionnaire visant à évaluer les symptômes de dépression, les symptômes physiques, le bonheur et l’estime de soi. D’après les résultats, les personnes très autocritiques sont celles dont le bonheur a enregistré la plus forte hausse par rapport à l’ensemble des participants ayant effectué l’exercice de la reconnaissance. Les participants autocritiques ont également affiché la plus forte amélioration de l’estime de soi et une diminution importante de la gravité des symptômes physiques après avoir fait l’exercice de la reconnaissance et celui des chansons. Les participants classés comme « dépendants émotionnellement » ont fait état d’une baisse de l’estime de soi après avoir fait les exercices de la reconnaissance et des chansons, et aucune amélioration n’a été relevée sur le plan du bonheur ou des symptômes physiques. Les auteurs étaient partis de l’hypothèse que l’exercice des chansons serait particulièrement bénéfique aux personnes « dépendantes émotionnellement ». Le fait que cela n’ait pas été le cas les a donc surpris. Les auteurs supposent que cela pourrait être dû au fait que les exercices ont été réalisés de manière autonome par Internet et qu’ils ne comportaient aucune interaction avec d’autres gens, étant donné que les personnes « dépendantes émotionnellement » sont réputées « avoir besoin de solides relations personnelles avec les autres pour se sentir bien. »

Journal of Positive Psychology, juillet 2011, vol. 6, no 4, p. 260-272. Susan Sergeant et Myriam Mongrain, Département de psychologie, Université York, Toronto (Ontario).

 

La crispation joue un rôle dans l’épuisement professionnel des infirmières

Selon une nouvelle étude de l’Université de La Rioja à Logroño (Espagne), la crispation liée au travail peut contribuer à l’épuisement émotionnel et professionnel du personnel infirmier, tandis que la résilience peut avoir un effet protecteur. Les chercheurs ont défini cette crispation comme suit : « état progressif d’usure et de détérioration psychologique ou d’épuisement qu’on ne peut pas combattre par le repos quotidien » et « sentiment d’incertitude sur le lieu de travail, comprenant des réactions d’insécurité, de vigilance et d’inconfort. » Les conclusions de l’étude reposent sur les réponses de 200 infirmières et infirmiers du nord de l’Espagne à un questionnaire sur la crispation émotionnelle, la résilience, l’efficacité professionnelle et le cynisme. Les résultats ont montré que le cynisme et la crispation émotionnelle contribuent au développement d’un épuisement émotionnel. Par ailleurs, les chercheurs ont établi une corrélation négative entre l’épuisement émotionnel d’une part et la résilience et l’efficacité professionnelle d’autre part, ce qui sous-entend que ces derniers ont un effet protecteur. Ils pensent que leurs conclusions étayent les thèses de psychologie positive selon lesquelles le fait de connaître ses points forts et ses points faibles, ainsi que les mécanismes permettant de gérer avec succès les situations néfastes, peut fournir une protection contre l’épuisement émotionnel. Par conséquent, ils recommandent de déployer des efforts « afin d’aider le personnel infirmier à reprendre sa vie en main et de promouvoir son bien-être grâce à des programmes et des ateliers de formation gratuits au sein du système de santé. » Ces ateliers doivent aider le personnel infirmier à reconnaître et gérer les facteurs menant à l’épuisement émotionnel, à développer des habiletés d'adaptation, à échanger des rétroactions constructives avec des collègues et des superviseurs et à gérer les conflits et l’agressivité.

International Nursing Review, 19 septembre 2011, publication en ligne, doi : 10.1111/j.1466-7657.2011.00927.x. Guadalupe Manzano Garcia et Juan Carlos Ayala Calvo, Département des sciences humaines et de l’enseignement, Université La Rioja, Logroño (Espagne).

 

L’indifférence pourrait expliquer la propension des personnes ivres à commettre des erreurs

Selon une nouvelle étude menée à l’Université du Missouri (Columbia), la raison pour laquelle les personnes en état d’ébriété sont si enclines à commettre des erreurs est davantage liée à une indifférence aux erreurs induite par l’alcool qu’à une incapacité à se rendre compte de celles-ci. Cette étude a porté sur 67 adultes de 21 à 35 ans, qui ont été répartis en trois groupes et auxquels on a donné une boisson alcoolisée (vodka et soda tonique), une boisson placebo (vodka diluée et boisson tonique) ou une boisson sans alcool (état ou groupe témoin). Les chercheurs ont demandé aux participants d’effectuer une tâche de laboratoire nécessitant un autocontrôle pendant que leur activité cérébrale était enregistrée sur un électroencéphalogramme. L’humeur des participants du groupe « alcool » est devenue moins négative qu’au début de l’étude après qu’ils aient bu, tandis que les personnes ayant reçu le placebo ont indiqué se sentir moins bien, ce qui confirme l’idée que l’alcool atténue l’affect négatif. Les membres du groupe « alcool » se sont montrés moins précis dans l’exécution de la tâche que les personnes du groupe « placebo » et du groupe témoin. Si les participants du groupe « alcool » se sont avérés tout aussi conscients de leurs erreurs que ceux des deux autres groupes, leur électroencéphalogramme montre qu’ils ont eu une réaction moins négative à ces erreurs. Les auteurs suggèrent que l’alcool pourrait étouffer le « signal d’alarme » qui suit habituellement une erreur, limitant de ce fait les efforts que les gens déploient d’ordinaire pour corriger leur comportement après avoir commis une erreur.

Journal of Abnormal Psychology, 23 mai 2011, doi : 10.1037/a0023664. Bruce D. Bartholow et coll., Département des sciences psychologiques, Université du Missouri, Columbia.

De nouvelles directives pourraient réduire les effets nocifs du cannabis sur la santé

Selon des chercheurs de l’Université Simon Fraser à Vancouver (Colombie-Britannique), l’adoption de directives de santé publique sur l’utilisation du cannabis pourrait contribuer à en réduire les effets nocifs sur la santé. Les chercheurs ont examiné des publications pertinentes traitant des effets nocifs du cannabis sur la santé et ont découvert que les personnes qui ont commencé à prendre du cannabis avant leurs 16 ans sont plus susceptibles d’arrêter leurs études tôt, de consommer d’autres substances illicites et de développer une dépendance et des maladies mentales comme la dépression. Les personnes qui consomment souvent du cannabis, et particulièrement celles chez lesquelles cette consommation est quotidienne, sont plus susceptibles de prendre d’autres drogues illicites, de conduire après avoir consommé du cannabis et de souffrir de dépendance et de maladie mentale, notamment des capacités cognitives altérées, des troubles de la mémoire et des problèmes d’apprentissage. Cinq pour cent des conducteurs canadiens adultes déclarent conduire après avoir pris du cannabis et les données montrent que la consommation de cette substance affaiblit les facultés des conducteurs et peut accroître le risque d’accident de la route. En se fondant sur ces constatations, les auteurs ont conçu un ensemble de directives visant à réduire les risques liés à la consommation de cannabis, comparable aux Directives de consommation d’alcool à faible risque. Ils concluent que le moyen le plus simple d’éviter les risques liés à la consommation de cannabis est l’abstinence – mais pour les personnes qui en prennent, ils recommandent notamment dans leurs directives de repousser le début de la consommation à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte, d’éviter une consommation fréquente (quotidienne ou presque) et de laisser s’écouler trois à quatre heures avant de prendre le volant.

La revue canadienne de santé publique, vol. 102, no 5, p. 324-327. Benedikt Fischer et coll., Faculté des sciences de la santé, Université Simon Fraser, Vancouver (Colombie‑Britannique).

 

Les ordonnances de traitement en milieu communautaire n’altèrent pas la perception à l’égard du rétablissement

Selon des chercheurs de l’Université d’Otago à Dunedin (Nouvelle-Zélande), le recours aux ordonnances de traitement en milieu communautaire ne semble pas altérer la manière dont les clients perçoivent leurs chances de rétablissement. Les chercheurs ont interrogé 86 personnes schizophrènes ou ayant un trouble schizo-affectif à propos de leur santé mentale et physique et de leur perception de leur rétablissement. Parmi ces personnes, 18 faisaient l’objet d’une ordonnance de traitement en milieu communautaire au moment de l’entrevue. Quatre-vingt-deux pour cent des participants pensaient qu’ils pouvaient se rétablir de leur maladie mentale; en fait, 51 pour cent considéraient être déjà en voie de rétablissement. Les participants qui faisaient l’objet d’une ordonnance de traitement en milieu communautaire n’étaient ni plus ni moins susceptibles que les autres de croire leur rétablissement possible ou de se considérer comme déjà rétablis, malgré le fait que les critères pour prendre ce genre d’ordonnance sont notamment la gravité des symptômes et les problèmes de fonctionnement. Les auteurs supposent que la raison pour laquelle les personnes faisant l’objet d’une ordonnance ne sont pas moins optimistes que les autres quant à leurs chances de rétablissement pourrait venir du fait qu’elles considèrent que cette ordonnance fait partie du traitement qui aide une personne à gérer sa maladie et à se rétablir, améliorant donc son autonomie au lieu de l’amoindrir.

Australasian Psychiatry, le 17 septembre 2011, publication en ligne, doi : 10.3109/10398562.2011.603330. Tess Patterson et coll., Département de médecine psychologique, Université d’Otago, Dunedin (Nouvelle-Zélande).

 

Les habitudes de consommation d’alcool des jeunes sont influencées par les amis de leur partenaire amoureux

Selon des chercheurs de l’Université d’État de Pennsylvanie (University Park), un jeune est davantage influencé par les habitudes de consommation d’alcool des amis de son partenaire amoureux que par celles de ses propres amis. Les chercheurs ont examiné les données sur les réseaux de pairs et les habitudes de consommation d’alcool de 449 couples d’adolescents et de jeunes dans 94 écoles des États-Unis, de la 7e à la 12e année. Ils ont observé que l’accroissement de la fréquence de l’ivresse parmi les amis du partenaire amoureux d’un jeune augmentait de 93 pour cent la fréquence de la consommation d’alcool de celui-ci, tandis qu’une hausse comparable chez ses propres amis ou son partenaire faisait monter cette fréquence de 13 et 10 pour cent respectivement. Une augmentation de la fréquence de l’ivresse chez les amis du partenaire amoureux faisait grimper de 81 pour cent le risque de consommation occasionnelle excessive d'alcool, tandis qu’une hausse comparable chez ses propres amis ou son partenaire accroissait cette fréquence de 30 et 32 pour cent respectivement. Les auteurs supposent que l’effet marqué des amis du partenaire est lié au fait que les jeunes croient qu’en devenant amis avec ceux-ci, ils consolideront leur relation avec leur partenaire et seront admis dans un groupe de pairs socialement désirable. Les amis de leur partenaire font aussi découvrir aux jeunes de nouveaux comportements et de nouvelles possibilités, ce qui peut les inciter à modifier leur propre comportement.

American Sociological Review, vol. 76, no 5, p. 737-763. Derek A. Kreager et Dana L. Haynie, Département de sociologie, Université d’État de Pennsylvanie, University Park.