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Été 2004, Vol 7 n°4

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Dernières nouvelles de la recherche

Par Hema Zbogar

 

Problèmes de sommeil chez l’enfant et risque de consommation de drogues à l’âge adulte

Selon une étude menée par des chercheurs de l’Université de Michigan, les enfants qui ont du mal à dormir risqueraient davantage de consommer du tabac, de l’alcool ou d’autres drogues à l’adolescence. Les chercheurs ont interviewé les mères de 257 garçons âgés de trois à cinq ans au sujet de leurs habitudes de sommeil. Des entrevues de suivi ont été menées tous les trois ans auprès de ces familles jusqu’à ce que les garçons aient atteint l’âge de 12 à 14 ans. Les enfants devaient répondre par écrit à un questionnaire confidentiel portant sur leur consommation d’alcool, de cigarettes et d’autres drogues. L’étude a permis de découvrir qu’un tiers des garçons avaient eu du mal à dormir ou étaient surmenés lorsqu’ils étaient plus jeunes. À l’adolescence, ils étaient plus de deux fois plus susceptibles d’essayer l’alcool, le cannabis et toute autre drogue illicite que les autres garçons. Le lien entre les problèmes de sommeil et la consommation de drogues persistait même après la prise en compte des problèmes de dépression, d’anxiété et d’attention ainsi que la consommation d’alcool des parents. Les chercheurs pensent qu’un certain mécanisme cérébral encore non décelé pourrait être en cause aussi bien dans l’insomnie que dans la tendance à la toxicomanie. Les auteurs de l’étude signalent toutefois qu’un problème de sommeil n’entraîne pas nécessairement des problèmes de toxicomanie plus tard dans la vie.

 

Tiré de Alcoholism: Clinical and Experimental Research, avril 2004, v. 28: 578–587. Maria M. Wong et coll., Department of Psychiatry, University of Michigan, Ann Arbor, Michigan.

 

Corrélation entre la consommation d’alcool et l’accoutumance à la nicotine

Des chercheurs du Duke University Medical Center situé à Durham, en Caroline du Nord, affirment que les personnes qui boivent sont plus susceptibles de fumer parce l’alcool accroît les effets agréables de la nicotine. Les résultats de leur étude fournissent une explication physiologique du fait que les gens fument davantage dans les bars. Les chercheurs ont recruté 48 fumeurs réguliers qui consommaient au moins quatre boissons alcoolisées par semaine. Ils leur ont donné soit une boisson alcoolisée, soit un placebo, et soit des cigarettes ordinaires, soit des cigarettes sans nicotine. Selon les notations fournies par les participants, l’alcool éthylique augmentait nombre des effets agréables de la nicotine comparativement au placebo. Les cigarettes sans nicotine ne provoquaient pas la même réaction positive chez les personnes qui avaient bu de l’alcool, ce qui indique que c’est la nicotine, plutôt que d’autres aspects du tabagisme, qui est l’ingrédient critique à la base de l’interaction. Les chercheurs ont aussi comparé les réactions des participants à la nicotine une fois qu'on leur avait administré de la mécamylamine, un agoniste de la nicotine. Les participants prenant de la mécamylamine commençaient par fumer davantage pour contrer les effets du médicament mais signalaient par la suite qu’ils prenaient moins de plaisir à fumer. Ce résultat renforce l’idée selon laquelle l’alcool éthylique accroît les effets de la nicotine. Les résultats de l’étude vont dans le sens des statistiques selon lesquelles les personnes ayant une dépendance à l’alcool fument davantage que les autres et que les fumeurs risquent dix fois plus que les non-fumeurs d’avoir une dépendance à l’alcool. Les chercheurs ajoutent que ces résultats pourraient expliquer pourquoi des personnes qui ont cessé de fumer rechutent souvent lorsqu’elles boivent de l’alcool. Ils pourraient aussi mener à de nouvelles méthodes de renoncer au tabac qui tiennent compte de l’interaction de ces drogues.

 

Tiré de Nicotine & Tobacco Research, février 2004, v. 6: 133–144. Jed E. Rose et coll., VA Medical Center and Department of Psychiatry, Duke University Medical Center, Durham, North Carolina.

 

Des scientifiques identifient un gène associé à l’autisme

Des chercheurs de l’école de médecine Mount Sinai de New York disent avoir identifié deux variants d’un gène susceptible de multiplier par deux ou plus le risque, pour les enfants, d’être atteints d’autisme. La variation a été observée au niveau de deux polymorphismes nucléotidiques dans le gène SLC25A12. Les chercheurs estiment que ces variants sont assez fréquents et ne peuvent pas à eux seuls déclencher l’autisme. Ils précisent que, pour que la maladie se développe, il pourrait falloir l’action conjuguée de cinq à dix gènes. L’étude qui portait sur 411 familles a donné lieu à une analyse d’ADN de plus de 2 000 personnes. D’entre elles, 720 étaient atteintes d’autisme. Les résultats montrent que les deux variants du gène ont été hérités de membres de la famille plus fréquemment qu’ils ne l’auraient été par le fruit du seul hasard, d’où l’implication possible de ces deux variants dans le développement de la maladie. Des études antérieures ont déjà permis d’identifier des variants d’autres gènes susceptibles de contribuer à l’autisme mais sans toutefois prouver ce lien pour aucun d’eux. L’autisme, qui se déclare habituellement avant l’âge de trois ans et habituellement chez les garçons, perturbe la capacité de l’enfant de communiquer et d’interagir avec son entourage. Étant donné que le gène mis en cause participe à l’approvisionnement des cellules cérébrales en énergie, les chercheurs pensent que divers variants pourraient bien ralentir le fonctionnement de ces cellules.

 

Tiré de American Journal of Psychiatry, avril 2004, v. 161: 662–669. Nicolas Ramoz et coll., Mount Sinai School of Medicine, New York.

 

Le tabagisme accélère le déclin de l’activité cérébrale

Des chercheurs du Erasmus Medical Center à Rotterdam, aux Pays-Bas, affirment que le taux de déclin cognitif chez les fumeurs pourrait être cinq fois supérieur à celui des non-fumeurs. Les résultats de leur étude montrent aussi que les fumeurs qui arrêtent de fumer atténuent considérablement leur déclin cognitif. Les chercheurs ont mené un mini examen de l’état mental (MMSE), qui sert à mesurer la fonction cognitive, auprès de  9 209 hommes et femmes, âgés de 65 ans et plus, du groupe de recherche de l’Action communautaire concertée sur l’épidémiologie et la prévention de la démence. Chez les personnes qui fumaient encore, le MMSE affichait un déclin annuel de 0,16 point. Chez celles qui avaient récemment arrêté de fumer, ce déclin était de 0,06 par an tandis que chez les non-fumeurs, la fonction cognitive déclinait de 0,03 point par an. Les résultats de cette étude contredisent ceux des études précédentes selon lesquelles la nicotine serait susceptible de protéger un fumeur contre la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs de la présente étude concluent qu’en plus d’endommager le cœur et les poumons, le tabagisme provoque l’athérosclérose et l’hypertension, augmentant ainsi le risque d’accidents vasculaires cérébraux et de petites lésions du tissu cérébral.

 

Tiré de Neurology, 23 mars 2004, v. 62: 920–924. A. Ott et coll., Department of Epidemiology and Biostatistics, Erasmus University Medical Centre, Rotterdam, the Netherlands.

 

Soutien parental en bas âge et bonne santé physique et mentale à long terme

Une étude menée à l’Université d’Albany à New York et à l’Université de Michigan montre que les personnes qui, enfant, ont bénéficié d’un bon soutien parental, ont des chances d’être en meilleure santé à l’âge adulte que celles qui n’ont pas eu un tel soutien. Les chercheurs se sont basés sur les réactions de 2 905 adultes de 25 à 74 ans ayant participé à l’enquête américaine intitulée « National Survey of Midlife Development ». Bien que des études antérieures aient déjà associé le soutien pendant l’enfance à la santé psychologique et physique à l’âge adulte, c’est la première fois que l’on cherche à savoir si les effets d’un soutien parental persistent jusqu’à un âge avancé. Les participants devaient répondre à un questionnaire portant sur le soutien reçu durant leur enfance et leur santé mentale actuelle. Les chercheurs constatent qu’un manque de soutien parental durant l’enfance est associé à une augmentation des symptômes de dépression et de maladies chroniques telles que l’hypertension et l’arthrite à l’âge adulte, se poursuivant en début de vieillesse. Le lien établi est plus fort en ce qui concerne les problèmes de santé mentale que les problèmes physiques. Les chercheurs estiment que ces résultats pourraient aider à repérer dès un jeune âge les personnes les plus à risque d’être en mauvaise santé à un âge avancé et à améliorer la santé physique et mentale des personnes âgées.

 

Tiré de Psychology and Aging, mars 2004, v. 19: 4–12. Benjamin A. Shaw et coll., Department of Health Policy, Management, and Behaviour, School of Public Health, State University of New York at Albany.

 

Les soins primaires réduisent les idées de suicide chez les personnes âgées

D’après une étude menée à l’Université Cornell à White Plains (New York), l’intervention de professionnels de soins primaires peut réduire la formation et l’enchaînement d’idées suicidaires chez les personnes âgées atteintes de dépression. De 1999 à 2001, une étude intitulée « Prevention of Suicide in Primary Care Elderly: Collaborative Trial » a été menée dans 20 cabinets de soins primaires à New York, à Philadelphie et à Pittsburgh. Après un dépistage de la dépression en deux étapes et stratifié par groupe d’âge auprès d’un groupe de personnes âgées de 60 à 74 ou 75 ans et plus, choisies au hasard, les chercheurs ont retenu les participants qui affichaient un résultat positif ainsi qu’un échantillon aléatoire de participants qui affichaient un résultat négatif. L’étude portait sur 598 personnes ayant un diagnostic de dépression. L’intervention comportait un traitement, à titre d’essai, de l’antidépresseur citralopram, et un suivi par des professionnels du traitement de la dépression. Le degré et la vitesse de diminution des symptômes du groupe d'intervention primaire se sont avérés supérieurs à ceux du groupe de contrôle. Au bout de quatre mois, on a enregistré une baisse de l’idéation suicidaire chez les participants traités, son taux passant de 29 pour cent à 17 pour cent, tandis que chez les personnes non suivies, le taux est passé de 20 pour cent `a 17 pour cent. Au bout de huit mois, 70 pour cent des personnes traitées n’affichaient plus d’idéation suicidaire, comparé à 44 pour cent du groupe de contrôle. Les auteurs ont conclu que l’intervention pourrait constituer une stratégie préventive efficace pour la réduction des facteurs de risque de suicide chez les personnes âgées. 

 

Tiré du Journal of American Medical Association, 3 mars 2004, v. 291: 1081–1091. Martha L.

Bruce et coll., Department of Psychiatry, Weill Medical College of Cornell University, White Plains,

New York.

 

La thérapie cognitivo-comportementale aiderait à traiter l’hypocondrie

Les résultats d’une étude clinique portant sur un échantillon aléatoire montrent que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pourrait s’avérer efficace dans le traitement de l’hypocondrie. Des chercheurs de la Harvard Medical School de Boston déclarent qu’aucun traitement n’a encore été trouvé pour lutter contre l’hypocondrie, la conviction et la crainte d’avoir une maladie grave en dépit des avis médicaux contraires. Pour cette étude, les chercheurs ont fait suivre six séances hebdomadaires de TCC de 90 minutes chacune à 102 personnes atteintes d’hypocondrie et choisies au hasard, tandis que 85 autres ont reçu le traitement habituel. Au bout de six et 12 mois, le groupe ayant suivi une TCC affichait beaucoup moins de symptômes, de convictions, d’anxiété et de comportements liés à l’hypocondrie que le groupe de contrôle. Le groupe en TCC était aussi moins déficient au niveau du fonctionnement social et des activités quotidiennes que l’autre groupe. Toutefois, les symptômes somatiques n’avaient pas diminué de façon significative. Les auteurs de l’étude estiment que l’intégration du traitement dans un milieu de soins primaires pourrait s’avérer très efficace et attrayante pour les clients.

 

Tiré de American Medical Association, 24 mars 2004, v. 291: 1464–1470. Arthur J. Barsky et David K. Ahern, Department of Psychiatry, Brigham and Women’s Hospital and Harvard Medical School, Boston, Massachusetts.