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Les jeunes ontariens prennent moins de drogues mais continuent de boire de l’alcool par excès occasionnels

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Actualités

Par Nate Hendley

Printemps 2004, Vol 7 nº3

 

D’après les résultats du Sondage 2003 sur la consommation de drogues parmi les élèves de l’Ontario (SCDEO), les élèves prennent moins de tabac et d’ectasy qu’auparavant, mais continuent de faire des excès occasionnels d’alcool régulièrement. Les promoteurs de la santé affirment que ces résultats, publiés en novembre 2003, attestent du besoin de conseiller les élèves en matière de réduction des méfaits. Le SCDEO, sondage bisannuel qui existe depuis 1977, est le plus ancien du genre au Canada. Pour sa dernière édition, ce sont 6 616 élèves de la 7e à la 12e année provenant de 126 écoles ontariennes qui ont rempli un questionnaire portant sur leur consommation d’alcool, de tabac et de drogues. Soixante-six pour cent des élèves participant au sondage ont affirmé avoir consommé de l’alcool l’année précédente, tandis que 30 pour cent d’entre eux disaient avoir consommé de la marijuana et 19 pour cent, des cigarettes. Fait particulièrement préoccupant, 27 pour cent ont admis qu’ils faisaient des excès occasionnels d’alcool (c'est-à-dire qu’ils consommaient au moins cinq boissons alcoolisées par occasion). « L’alcool reste la drogue la plus répandue parmi les élèves de tout niveau, le risque associé à l’excès occasionnel d’alcool étant faible à leurs yeux », fait remarquer Edward Adlaf, chercheur principal au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) de Toronto, et coauteur de l’étude.

La consommation journalière de tabac a nettement chuté : de 22 pour cent en 2001, elle est tombée à 14 pour cent en 2003. La consommation d’ecstasy a également diminué, passant de 6 pour cent en 2001 à 4 pour cent en 2003. Le risque perçu et les préoccupations en matière de santé étaient les principales raisons avancées pour expliquer ces deux baisses. La consommation des drogues dures est restée faible : 3 pour cent des élèves ont dit avoir consommé de la méthamphétamine, 3 pour cent, du crack, et 1 pour cent, de l’héroïne.

Les résultats du sondage ont montré que la consommation de drogues illicites était surtout le fait des élèves de 11e et de 12e années, chez lesquels elle avoisinait les 48 pour cent. Les élèves de Toronto étaient les moins susceptibles de consommer des drogues, tandis que ceux du Nord de l’Ontario étaient ceux qui risquaient le plus d’en consommer. On a également observé des différences entre filles et garçons, ces derniers étant plus susceptibles que les filles de boire et de se soûler occasionnellement, de même que de prendre du LSD, de la PCP, des tranquillisants, de l’héroïne et de la kétamine. Fait intéressant, le SCDEO a révélé que 68 pour cent des élèves n’avaient pas consommé de drogues illicites, pas même de la marijuana, au cours de l’année  écoulée. Au total, 30 pour cent des élèves n’avaient consommé aucune drogue, y compris le tabac et l’alcool.

Les personnes qui interviennent auprès des élèves sur les questions de drogues et d’alcool disent qu’il n’est pas réaliste de prôner la tolérance zéro comme seule norme acceptable pour les jeunes. « Je ne pense pas que nous puissions arriver un jour à l’abstinence totale », déclare Margeree Edwards, coordonnatrice provinciale du partenariat ontarien de sensibilisation aux drogues (ODAP). L’ODAP, organisme financé par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario et dont le siège est à Peterborough, préside les travaux de dizaines de comités communautaires de sensibilisation aux drogues existant un peu partout dans la province. Chaque année, l’ODAP organise une semaine de sensibilisation aux drogues visant les jeunes ontariens, de même qu’un symposium avec ses partenaires. Il encourage aussi la création de programmes éducatifs novateurs.

Patricia Hajdu, planificatrice en promotion de la santé du Bureau de santé de District de Thunder Bay, est présidente du comité local de sensibilisation aux drogues, qui est partenaire de l’ODAP. L’an dernier, ce comité a mis sur pied deux ateliers sur les ‘soirées sécuritaires’, durant lesquels les élèves plus âgés devaient transmettre des messages sur la réduction des méfaits aux plus  jeunes de la 7e à la 9e année. Divers thèmes y ont été abordés, tels que l’intoxication alcoolique, l’alcool et la grossesse, la pression des pairs et les effets de diverses drogues. Patricia Hajdu a fait une demande de subvention auprès du gouvernement fédéral en vue de lancer un programme de mentorat par les pairs qui permettrait aux élèves d’aborder, en groupes de deux, divers sujets allant de la sexualité à la toxicomanie. Comme le fait remarquer Margeree Edwards, « les parents ne sont pas toujours les personnes les mieux placées pour parler aux jeunes de l’alcool et des drogues. »

Dans le cadre de ce programme, des élèves et des enseignants de divers niveaux devront répondre à une enquête visant à repérer les personnes ou paires en mesure d’offrir de l’aide. Hajdu définit ces aides comme étant des élèves ou des enseignants vers lesquels les jeunes s’adresseraient naturellement pour obtenir un soutien à propos de diverses questions. Les mentors seront invités à participer à une fin de semaine de retraite au cours de laquelle on les formera à diverses compétences, telles que l’écoute et la promotion de la confiance. Les mentors ne deviendront pas conseillers à proprement parler mais ils auront, précise Patricia Hajdu, « les compétences voulues pour orienter les élèves qui en ont besoin vers les intervenants de la collectivité qualifiés en matière de drogues et d’alcool. »

Pour rester conforme à la philosophie de l’ODAP, le programme de mentorat par les pairs mettra l’accent sur la réduction des méfaits, plutôt que de chercher à éliminer totalement la consommation d’alcool, de tabac et de drogues illicites chez les élèves. « De plus en plus, l’éducation des jeunes au sujet de l’alcool et des drogues est axée sur la réduction des méfaits », ajoute Patricia Hajdu. « Nous savons que les jeunes vont s’y essayer. Nous devons donc veiller à ce qu’ils soient conscients des risques et sachent les minimiser. »

Pour lire le rapport integral, consultez l’adresse du SCDEO.