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Printemps 2011, Vol 14 no 3

Dernières nouvelles de la recherche

 

Mark de la Hey

 

La thérapie cognitivo-comportementale axée sur le traumatisme aide les enfants ayant un trouble de stress post-traumatique

Selon des chercheurs de l’Hôpital général Allegheny de Pittsburgh (Pennsylvanie), la thérapie cognitivo-comportementale axée sur le traumatisme peut aider les enfants aux prises avec un trouble de stress post-traumatique résultant d’une exposition à de la violence familiale. Dans le cadre de cette étude, qui portait sur 124 enfants âgés de 7 à 14 ans, les enfants et leur mère ont participé à huit séances de thérapie cognitivo-comportementale axée sur le traumatisme ou de thérapie axée sur l’enfant. La thérapie cognitivo-comportementale axée sur le traumatisme nécessite d’en savoir plus sur le traumatisme, de développer les compétences en matière de relaxation et d’adaptation et de créer un récit de l’expérience traumatisante de l’enfant dans lequel on encourage celui-ci à affronter les évènements et les souvenirs pénibles. Dans la thérapie axée sur l’enfant, on tente de renverser les problèmes découlant de l’absence de maîtrise sur les évènements et de la violation de la confiance en instaurant une relation de confiance entre le thérapeute d’une part et l’enfant et le parent d’autre part, et en encourageant ceux-ci à orienter le contenu du traitement. Les chercheurs ont observé chez les enfants du groupe de la thérapie cognitivo-comportementale axée sur le traumatisme une plus grande amélioration des symptômes de trouble de stress post-traumatique par rapport aux enfants ayant suivi une thérapie axée sur l’enfant. Les enfants du groupe de la thérapie cognitivo-comportementale axée sur le traumatisme étaient également plus susceptibles de satisfaire aux critères de rémission du trouble de stress post-traumatique que les enfants de l’autre groupe. Les auteurs soulignent que l’étude a enregistré un taux d’abandon élevé (40 pour cent), probablement dû aux situations difficiles rencontrées par les participants, notamment les expériences traumatisantes vécues pendant la thérapie, la menace du sans-abrisme, la violence incessante et les problèmes judiciaires et financiers.

Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine, janvier 2011, vo;. 165, no 1, p. 16-21. Judith A. Cohen et coll., département de psychiatrie, Hôpital général Allegheny, Pittsburgh, Pennsylvanie.


Les aidants naturels des personnes schizophrènes éprouvent des niveaux de détresse élevés

Selon une étude de l’Hôpital psychiatrique d’Athènes (Grèce), les aidants naturels des personnes schizophrènes éprouvent des niveaux de détresse psychologique supérieurs à ceux que l’on observe dans la population générale. Les auteurs de cette étude ont comparé 87 aidants naturels de personnes souffrant de schizophrénie chronique avec 90 personnes en bonne santé. Les personnes schizophrènes avaient toutes été diagnostiquées au moins deux ans avant l’étude et avaient reçu un traitement. Les aidants naturels de ces personnes ont obtenu des résultats sensiblement plus élevés que les personnes du groupe de référence en ce qui concerne la dépression, l’angoisse, les symptômes de névrose obsessionnelle, la sensibilité interpersonnelle, l’hostilité et la somatisation (perception de symptômes physiques qui s’avèrent n’avoir aucune origine physique). Parmi les aidants naturels, les femmes éprouvaient davantage de détresse émotionnelle que les hommes. La détresse augmentait avec la durée de la maladie. Elle était également aggravée par la présence des symptômes positifs ou négatifs de la schizophrénie. (Les symptômes positifs sont notamment les délires, les hallucinations et les pensées désordonnées. Parmi les symptômes négatifs figurent l’apathie, l’absence d’émotion et le fonctionnement social médiocre). Les chercheurs ont découvert que la détresse n’était pas influencée par le fait que l’aidant naturel soit le parent, le frère, la sœur ou le conjoint de la personne schizophrène, ou qu’il vive ou non avec elle. Ils recommandent des essais cliniques à long terme sur les interventions psychologiques et pharmacologiques pour les aidants naturels. Ils suggèrent aussi qu’il pourrait être nécessaire d’adapter les interventions, de manière à ce que celles-ci soient plus conformes aux besoins des aidantes naturelles.

Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, 17 décembre 2010 en ligne, doi : 10.1007/s00127-010-0325-9. Charalampos Mitsonis et coll., Hôpital psychiatrique d’Athènes, Athènes, Grèce.


Les médecins face à un dilemme quand il s’agit de prescrire des antidépresseurs aux femmes enceintes

Des études récentes ont fourni des renseignements contradictoires sur l’innocuité des antidépresseurs chez les femmes enceintes. Selon une nouvelle étude menée auprès de médecins australiens et canadiens par des chercheurs de l’Université de Melbourne, les médecins de soins primaires ont souvent du mal à décider s’ils doivent prescrire ou non des antidépresseurs à une femme enceinte. L’étude portait sur 61 généralistes australiens et 35 canadiens. D’après les réponses au questionnaire, 53 pour cent des médecins australiens et 48 pour cent des canadiens estimaient qu’une femme enceinte souffrant de dépression devait être soignée différemment d’une femme non enceinte, elle aussi dépressive. Médecins australiens et canadiens étaient identiquement susceptibles d’être préoccupés par le manque d’information sur l’innocuité des antidépresseurs (75 pour cent contre 82 pour cent) et de s’inquiéter de leur responsabilité légale concernant la prescription de médicaments aux femmes enceintes (55 pour cent pour chaque groupe). Cependant, les médecins canadiens étaient plus susceptibles que leurs confrères australiens de considérer que les antidépresseurs étaient sans danger pendant la grossesse (83 pour cent contre 42 pour cent) et ne faisaient courir aucun risque au fœtus (48 pour cent contre 10 pour cent). Ils étaient également plus susceptibles d’avoir confiance en eux au moment de dispenser des conseils sur l’utilisation d’antidépresseurs pendant la grossesse (57 pour cent contre 33 pour cent). Tant les médecins australiens que canadiens étaient hautement susceptibles d’être influencés par les préoccupations de leurs patientes au moment de faire leur prescription (95 pour cent contre 83 pour cent). Les auteurs de l’étude soulignent que les femmes souffrant de dépression récurrente qui cessent de prendre des antidépresseurs sont six fois plus susceptibles de rechuter que celles qui continuent le traitement. Ils concluent que leurs résultats mettent en évidence la nécessité de fournir aux médecins des lignes directrices nationales à cet égard.

Archives of Women’s Mental Health, 30 novembre 2010 en ligne, doi : 10.1007/s00737-010-0197-8. Justin L. C. Bilszta et coll., département de psychiatrie, Université de Melbourne, Melbourne, Australie.

 

L’arrêt du tabac pourrait améliorer l’humeur

Selon des chercheurs de l’Université Brown, à Providence (Rhode Island), les personnes qui essaient d’arrêter de fumer constatent une certaine amélioration de leur dépression, ce qui contredit la croyance fréquente selon laquelle les fumeurs ressentent davantage de symptômes dépressifs quand ils essaient d’arrêter. Les chercheurs ont suivi 236 fumeurs, qui étaient aussi des buveurs excessifs, pendant 26 semaines, en mesurant périodiquement le taux d’abstinence et le niveau de dépression. Tous les participants étaient fumeurs au début de l’étude. Quatre-vingt-dix-neuf participants ont continué à fumer tout au long de l’étude, 44 étaient abstinents à l’évaluation de la deuxième semaine, 33 aux évaluations des deuxième et huitième semaines et 31 à toutes les évaluations. (Les 29 autres n’entraient dans aucune de ces catégories.) Si le participant moyen enregistrait généralement une légère hausse de ses symptômes dépressifs au fil du temps, les participants ont généralement constaté une diminution de leur niveau de dépression chaque fois qu’ils étaient capables de s’abstenir de fumer. Ceux qui avaient continué à s’abstenir affichaient des niveaux particulièrement bas de dépression au début de l’étude, lesquels sont restés bas à toutes les évaluations de suivi. Les participants ayant continué à fumer ont connu une augmentation progressive de leur niveau de dépression. Comme les participants étaient tous des buveurs excessifs, les auteurs mettent en garde contre la généralisation des résultats. Selon eux, les campagnes de lutte contre le tabagisme doivent souligner qu’en arrêtant le tabac, les fumeurs pourraient constater une amélioration de leur bien-être psychologique.

Nicotine and Tobacco Research, 24 novembre 2010 en ligne, doi : 10.1093/ntr/ntq213. Christopher W. Kahler et coll, Center for Alcohol and Addiction Studies, Université Brown, Providence, Rhode Island.


Le traitement à base d’héroïne réduit la consommation de benzodiazépines chez les utilisateurs d’héroïne

On sait que, chez les personnes dépendantes à l’héroïne, la consommation de benzodiazépines est associée à une mauvaise adaptation psychosociale, des niveaux élevés de consommation de multiples drogues et une augmentation des prises de risque. Selon de nouvelles recherches menées par le Centre médical universitaire d’Hambourg-Eppendorf (Allemagne), le traitement à base d’héroïne peut réduire la consommation de benzodiazépines. L’étude de 12 mois portait sur 1 015 personnes dépendantes à l’héroïne, qui ont reçu un traitement à base d’héroïne (administration par intraveineuse) ou un traitement de substitution à la méthadone. Au début de l’étude, 736 participants consommaient des benzodiazépines, et 279 étaient considérés comme des non-consommateurs. Ceux qui utilisaient des benzodiazépines au début de l’étude étaient moins susceptibles de poursuivre leur traitement, mais les résultats de celui-ci n’étaient pas moins efficaces. Les tests urinaires pratiqués pendant l’étude ont montré que les participants traités à l’héroïne étaient plus susceptibles que ceux ayant reçu de la méthadone d’arrêter de consommer des benzodiazépines. En effet, une moyenne de 52 pour cent des participants du groupe traité à l’héroïne ont été testés positifs aux benzodiazépines, contre 60 pour cent pour le groupe traité à la méthadone. Les personnes ayant utilisé des benzodiazépines tout au long du traitement ont généralement obtenu de moins bons résultats sanitaires que les personnes ayant arrêté d’en prendre, notamment moins de satisfaction au travail et davantage de consommation d’alcool. Parmi les consommateurs permanents de benzodiazépines, les personnes ayant reçu le traitement à base d’héroïneaffichaient de meilleurs résultats que celles ayant suivi le traitement à la méthadone en ce qui concerne la consommation d’alcool, la prise de drogues et les problèmes judiciaires. Les auteurs de l’étude pensent que le traitement à base d’héroïne pourrait être la meilleure solution pour les personnes dépendantes à cette substance et aux benzodiazépines. Ils suggèrent que, pour réduire la consommation illicite de benzodiazépines, il pourrait être utile de faire preuve de prudence au moment de prescrire des benzodiazépines à des consommateurs d’héroïne afin de traiter leur angoisse sous-jacente.


Une forte consommation d’alcool augmente le risque de violence

D’après une étude de l’Université du Michigan, à Ann Arbor, une forte consommation d’alcool augmente les risques de comportement violent. Les auteurs ont recruté 160 hommes et femmes issus de programmes de traitement de la toxicomanie et ayant participé à un court programme de prévention de la violence. Les détails sur la consommation d’alcool et de drogues ainsi que sur les conflits interpersonnels ont été obtenus à l’aide d’entrevues semi-structurées. Les résultats ont montré qu’une forte consommation aiguë d’alcool était liée à une hausse significative des niveaux de violence entraînant des blessures, en particulier avec une personne autre que le partenaire. Aucun lien n’a été établi entre la consommation d’alcool et la violence conjugale, mais les chercheurs soulignent que leur analyse concernant ce type de violence repose sur l’existence de moins d’incidents conflictuels que pour les autres types de violence. Une consommation aiguë de cocaïne et le fait d’être un homme augmentaient significativement les risques de violence, avec ou sans blessures. Une consommation aiguë d’héroïne était liée à des actes de violence sans blessures. La consommation de marijuana diminuait la probabilité de toutes les formes de violence. Les auteurs ont conclu que leurs constatations étayaient les explications pharmacologiques des relations entre la consommation de substances et la violence. Selon une explication du lien entre l’alcool et la violence, la consommation d’alcool affaiblit le traitement cognitif (par exemple, processus de l’attention, résolution des problèmes et évaluation des conséquences), ce qui augmente le risque de violence. Les auteurs recommandent des recherches complémentaires afin d’explorer les effets des données démographiques, des différentes substances ainsi que des facteurs sociaux, motivationnels et situationnels sur la violence interpersonnelle.

Drug and Alcohol Dependence, 1er décembre 2010, vol. 112, no , p. 194-200. Stephen T. Chermack et coll., département de psychiatrie, Université du Michigan, Ann Arbor, Michigan.