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Été 2005, Vol 8 n°4

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Dernières nouvelles de la recherche

Par Hema Zbogar

 

Le cerveau peut se rétablir d’une consommation de méthamphétamine

Selon des chercheurs de l’Université de Californie, les modifications de l’activité chimique de certaines régions du cerveau chez d’anciens usagers de méthamphétamine abstinents depuis au moins un an laissent penser que certaines structures et fonctions neuronales se rétablissent. Ils ont comparé huit usagers de méthamphétamine n’ayant pas pris de drogue pendant une période d’un à cinq ans et 16 usagers n’ayant pas pris de drogue pendant une période d’un à six mois avec 13 non usagers en utilisant une spectroscopie à résonance magnétique protonique, qui permet de visualiser les marqueurs biochimiques associés à l'endommagement et au rétablissement des neurones. Ils ont mesuré les marqueurs dans le cortex cingulaire antérieur, associé à l’attention sélective. Les taux de Nacétylaspartate ont servi de marqueurs de l’intégrité neuronale, et la choline, produite lors de la création de nouvelles membranes, a servi de marqueur du rétablissement. Les taux de N-acétylaspartate étaient anormalement bas chez les usagers de drogue et étaient proportionnels à la période d’usage, mais ne changeaient pas par rapport à la période d’abstinence. Des taux élevés de choline ont été constatés chez les usagers n’ayant pas pris de drogue depuis une période d’un à six mois et des taux normalisés ont été trouvés chez ceux qui s’en étaient abstenus depuis plus longtemps. Selon les conclusions des auteurs, « lorsque l’usage de drogue cesse, des changements adaptifs surviennent, ce qui peut contribuer à un certain degré de normalisation des fonctions et de la structure neuronales ».

 

Archives of General Psychiatry, avril 2005, v. 62: 444–452. Thomas E. Nordahl et coll., département de psychiatrie et des sciences du comportement, Université de Californie, Davis.

 

Les enfants dont la mère travaille se portent bien

Selon des chercheurs de l’Université du Texas à Austin, jusqu’à l’âge de trois ans, on ne constate aucune différence de développement social et intellectuel entre les enfants qui passent moins de temps avec leur mère parce que celle-ci travaille à l’extérieur du foyer et les enfants qui passent beaucoup de temps avec leur mère. Les chercheurs ont analysé l’emploi du temps sur 24 heures de 1 053 mères sélectionnées à partir d’une étude des soins à la petite enfance menée par le National Institute of Child Health and Human Development. Ils ont également examiné des vidéos montrant les mères en train d’interagir avec leurs enfants pour mesurer leur degré d’attention à l’égard des besoins de leurs enfants, et ont visité le domicile familial pour observer la qualité du milieu de vie. D’après leurs constatations, bien que les mères travaillant à l’extérieur du domicile passaient moins de temps avec leurs enfants que les mères au foyer, elles compensaient cette absence en consacrant davantage de temps à leurs enfants pendant les fins de semaine et en réduisant le temps qu’elles consacraient aux tâches ménagères, aux loisirs, aux activités extérieures, aux voyages et aux activités sociales. Les mères qui passaient plus de temps avec leurs enfants (quelle que soit leur situation d’emploi) étaient légèrement plus attentives et fournissaient un meilleur milieu de vie. La personnalité, les valeurs et la situation familiale de la mère étaient des variables explicatives plus fiables que le temps pour évaluer le comportement parental.

 

Child Development, mars avril 2005, v. 76: 467–482. Aletha C. Huston et Stacey Rosenkrantz Aronson, département d’écologie humaine, Université du Texas, Austin.

 

Troubles respiratoires liés à l’angoisse et à la dépression

Selon des chercheurs du Baylor College of Medicine à Houston, il semble y avoir une forte prévalence d’angoisse et de dépression chez les patients atteints de troubles respiratoires chroniques. Les chercheurs ont réalisé une analyse transversale en utilisant les questions de dépistage du Primary Care Evaluation of Mental Disorders (PRIME-MD) pour mesurer la prévalence de l’angoisse et de la dépression chez 1 334 personnes ayant reçu des soins pour des troubles respiratoires chroniques dans un centre médical des anciens combattants à Houston. Parmi ces personnes, 862 (65 pour cent) étaient atteintes à la fois de dépression et d’angoisse, 133 (10 pour cent) d’angoisse seulement et 72 (cinq pour cent) de dépression seulement. Un total de 267 personnes (20 pour cent) n‘avaient ni dépression ni angoisse. La valeur prédictive d’un résultat positif au dépistage de la dépression ou de l’angoisse du PRIME-MD était de 80 pour cent. Un sous-ensemble de 204 participants à l’étude atteints d’une maladie respiratoire obstructive chronique ont passé une entrevue clinique dirigée d’après le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV). De ce groupe, 132 participants (65 pour cent) avaient des troubles dépressifs ou anxieux, 77 (39 pour cent) avaient des troubles dépressifs et 101 (51 pour cent) avaient des troubles anxieux. Les chercheurs ont conclu que des outils pratiques de dépistage permettraient de mieux identifier les patients atteints d’angoisse et de dépression.

 

Chest, avril 2005, v. 127: 1205–1211. Mark E. Kunik et coll., Houston Center for Quality of Care and Utilization Studies, Baylor College of Medicine, Houston (Texas).

 

Les caractéristiques d’un client et de son conseiller prédisent la qualité de leur alliance thérapeutique

Selon des chercheurs de la Manchester Metropolitan University, les caractéristiques d’un client et de son conseiller permettraient de prédire la qualité de leur alliance thérapeutique. L’étude a rassemblé 187 clients âgés de 18 à 52 ans qui commençaient un traitement de réadaptation en établissement dans trois services britanniques. Les chercheurs ont évalué des renseignements relatifs au client et à son conseiller lors de l’admission du client, et ont obtenu d’eux leur évaluation de l’alliance au cours des première, deuxième et troisième semaines. L’ensemble des évaluations à l’admission portait notamment sur le bien-être psychologique, l’enthousiasme du client lors du traitement, les stratégies d’adaptation et le style d’attachement. Les versions ‘client’ et ‘conseiller’ de l’échelle de l’alliance thérapeutique de Horvath et Greenberg (Working Alliance Inventory) ont été utilisées chaque semaine. D’après l’étude, les clients ayant une plus grande motivation, des stratégies d’adaptation plus efficaces, un meilleur soutien social et qui se sentaient plus attachés avaient plus de chances de former des alliances efficaces. Les conclusions relatives aux caractéristiques des conseillers étaient moins tranchées : les clients ont attribué une meilleure note d’évaluation aux relations avec les conseillers qui étaient d’anciens usagers de drogue, les conseillers chevronnés et les conseillers hommes, tandis que les conseillers plus expérimentés, eux, ont évalué leur alliance comme moins bonne. Les auteurs suggèrent de réaliser d’autres études pour établir si les résultats d’une alliance thérapeutique et d’un traitement peuvent être améliorés en améliorant la motivation des clients et leurs ressources psychosociales.

 

Addiction, avril 2005, v. 100: 500–511. Petra S. Meier et coll., département de psychologie et d’orthophonie, Manchester Metropolitan University, Manchester (Royaume-Uni).

 

La santé physique des personnes âgées s’améliore lorsque leur dépression se dissipe

Selon des chercheurs du Center for Aging Research de l’Université de l’Indiana, le fait de traiter efficacement la dépression des personnes âgées améliore leur santé physique. Lors d’un essai clinique aléatoire, les chercheurs ont réparti 1 801 participants âgés d’au moins 60 ans et atteints de graves troubles dépressifs en deux groupes : un groupe témoin recevant des soins courants et un groupe d’intervention. Globalement, 45 pour cent des participants qualifiaient leur santé de bonne ou médiocre. Les membres du groupe témoin avaient accès à tous les services de santé disponibles dans le cadre de leurs soins courants. Les personnes du groupe d’intervention avaient accès à un spécialiste de la dépression pendant un an. Le traitement de la dépression a été coordonné avec les médecins de premiers recours des participants. Une diminution d’au moins 50 pour cent des symptômes dépressifs a été observée chez 45 pour cent des personnes du groupe d’intervention, contre 19 pour cent pour le groupe témoin. Après un an, 37 pour cent des membres du groupe d’intervention et 52 pour cent des personnes du groupe témoin ont qualifié leur santé de bonne ou médiocre. En combinant les deux groupes, les chercheurs ont constaté que la santé physique des participants dont la dépression avait régressé était beaucoup plus susceptible de s’améliorer. Ils ont donc conclu que la gestion collaborative des soins pour la dépression des personnes âgées réduisait leur dépression et améliorait leur santé physique.

 

Journal of the American Geriatrics Society, mars 2005, v. 53: 367–373. Christopher M. Callahan et coll., Indiana University Center for Aging Research, Indianapolis (Indiana).

 

Les symptômes de sevrage du tabac ne seraient pas tous dus à la nicotine

Fumer des cigarettes sans nicotine peut suffire à supprimer certains symptômes de sevrage du tabac comme l’envie de friandises, les fringales et l’envie de fumer, ce qui laisse supposer que l’état de manque ressenti par les fumeurs lorsqu’ils essaient d’abandonner le tabac ne serait pas totalement dû à la nicotine. Les chercheurs de la Virginia Commonwealth University ont examiné 13 femmes et 19 hommes âgés de 18 à 50 ans, qui ont participé à trois séances de cinq jours chacune, au cours desquelles ils n’ont pas fumé, puis ont fumé des cigarettes avec nicotine et des cigarettes sans nicotine. Chaque jour, les participants ont répondu à un questionnaire évaluant leur envie de fumer et de consommer des friandises, l’augmentation de leur appétit, leur état de manque, et leur degré d’irritabilité, de concentration, de nervosité et d’insomnie. Les chercheurs ont également enregistré le rythme cardiaque, la température de la peau et la pression artérielle des participants. Ils ont comparé les sensations qu’éprouvaient les participants lorsqu’ils ne fumaient pas avec celles qu’ils éprouvaient lorsqu’ils fumaient des cigarettes avec ou sans nicotine. Lorsqu’ils ne fumaient pas, les participants éprouvaient un état de manque et ne se sentaient pas bien. Les personnes qui fumaient des cigarettes sans nicotine se sentaient mieux mais pas aussi bien que lorsqu’elles fumaient des cigarettes contenant de la nicotine. Les auteurs ont conclu que les facteurs non liés à la nicotine jouent un rôle important dans la suppression de l’état de manque et pourraient jouer un rôle accessoire précieux avec les produits de remplacement de la nicotine.

 

Addiction, avril 2005, v. 100: 550–559. August R. Buchhalter et coll., Department of Psychology and Institute for Drug and Alcohol Studies, Virginia Commonwealth University, Richmond (Virginie).

 

Les collégiens conduisent plus souvent en état d’ébriété que les non étudiants

Selon des chercheurs de l’Université de Boston, les collégiens sont plus susceptibles de se soûler et de conduire en état d’ébriété que leurs pairs non étudiants. Afin d’établir si les collégiens risquent davantage de mettre leur vie en danger en consommant de l’alcool, les chercheurs ont examiné les données recueillies en 1998 et en 2001 par diverses enquêteurs et organismes fédéraux auprès des 18 à 24 ans sur leurs habitudes de consommation d’alcool, les taux d'accidents avec blessures et les décès causés par un accident. Ils ont constaté qu’environ 2,8 millions de collégiens conduisaient en état d’ébriété et qu’un étudiant sur quatre déclarait se soûler régulièrement (cinq verres ou plus en une soirée pour les hommes ; quatre verres ou plus pour les femmes). En 2001, 1 717 étudiants sont morts de blessures liées à l’alcool, contre 1 575 en 1998 – soit une hausse de six pour cent, compte tenu de l’évolution du nombre d’étudiants inscrits au collège. En 2001, presque 600 000 étudiants ont été blessés à cause de l’alcool et bien plus encore ont été agressés par un autre étudiant ivre. Les auteurs affirment que les collèges doivent modifier leur approche vis-à-vis de la consommation d’alcool par les étudiants, en travaillant notamment avec la police locale pour faire appliquer les lois contre la conduite en état d’ivresse et la consommation d’alcool par les mineurs et en dépistant les étudiants ayant un problème d’alcoolisme.

 

Addiction, avril 2005, v. 100: 543–549. B.J.M.H. Hefferis, C. Power et O. Manor, Centre for Paediatric Epidemiology and Biostatistics, Institute of Child Health, Londres, (Royaume-Uni).

 

Les personnes ayant un problème de santé mentale se tournent d’abord vers leurs amis et leur famille

Selon les chercheurs de la Health Protection Agency South West (Royaume-Uni), les personnes ayant un problème de santé mentale sont plus susceptibles de demander l’aide de leurs amis et de leur famille que des professionnels de la santé. Les chercheurs ont envoyé un questionnaire en 12 points sur l’état de santé général à 15 222 personnes âgées de 16 à 64 ans. Le taux de réponse était de 80 pour cent pour les femmes et de 71 pour cent pour les hommes. Seulement 28 pour cent des personnes ayant obtenu un score très élevé au questionnaire (huit points ou plus) avaient recherché de l’aide auprès de leur médecin, bien que 78 pour cent d’entre eux aient cherché une certaine forme d’aide. Parmi ce dernier groupe, 67 pour cent se sont tournées vers leurs amis ou leur famille et 16 pour cent se sont adressées à d’autres professionnels de la santé ou à des collègues de travail. Les hommes, les jeunes et les personnes vivant dans des endroits riches étaient les moins susceptibles de chercher de l’aide. Les chercheurs suggèrent que les initiatives de promotion de la santé visant à encourager les jeunes, notamment les hommes, à chercher une aide appropriée permettraient d’améliorer leur santé mentale.

 

British Journal of Psychiatry, avril 2005, v. 186: 297–301. Maria Isabel Oliver et coll., Health Protection Agency South West, Gloucestershire (Royaume-Uni).